France News

Prix à la pompe : les distributeurs vent debout contre le gouvernement

Le café était encore tiède sur le comptoir quand l’info est tombée : le gouvernement veut encadrer les marges sur le carburant. Résultat ? Une levée de boucliers immédiate. Les grands distributeurs ont pris la plume — une lettre envoyée au Premier ministre — pour demander purement et simplement le retrait du texte. Ils parlent d’un projet « techniquement défaillant » et « économiquement déséquilibré ». Rien que ça.

Il faut dire que l’ambiance est tendue. Thierry Cotillard, patron d’Intermarché, n’a pas mâché ses mots. Il en a assez des décisions prises dans l’urgence. Ou peut-être est-ce de la fatigue ? En tout cas, le message est clair : ça ne produira rien de bon. De son côté, Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, tente de calmer le jeu. Elle assure qu’aucune décision n’est figée, que le texte n’est qu’une option, au cas où. « Travailler en confiance », dit-elle. Enfin, c’est ce qu’elle dit.

Depuis les tensions en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, la situation est devenue dingue. Les prix à la pompe grimpent, bondissant de 34% pour le diesel. C’est du délire. Le projet de décret, lui, vise à plafonner les marges pour éviter les excès, mais les distributeurs crient au scandale technique. Selon eux, le calcul sur cinq jours de cotation à Rotterdam ne veut rien dire. Vendre à perte ? Ils ne peuvent pas se le permettre. Et ils le font savoir haut et fort.

« Ce mécanisme ralentira la transmission des baisses », arguent Carrefour, Auchan, Leclerc et les autres. Au lieu de ce décret, ils proposent une alternative : suspendre les certificats d’économies d’énergie, ce qui ferait chuter les prix de 15 à 20 centimes par litre. Une proposition qui semble plus pragmatique, ou peut-être juste une façon de déplacer le débat ?

À droite comme à gauche, la mesure fait jaser. Bruno Retailleau estime que l’effet sera nul, quelques centimes à peine. Même constat chez l’Ufip : le marché aura toujours le dernier mot, quoi qu’on en dise. Et puis, il y a cette accusation récurrente : les distributeurs disent ne prendre que 1 à 2 centimes par litre alors que, selon eux, le vrai pactole se cache dans le raffinage. Une thèse partagée par Manuel Bompard. Tout ça semble être un sacré mélange de chiffres et de politique, dont on ne voit pas vraiment le bout, finalement.

Back to top button