19es Championnats d’Afrique de gymnastique artistique : l’Égypte et l’Algérie au-dessus du lot

À Yaoundé, l’Égypte (messieurs) et l’Algérie (dames) confirment leur suprématie. Total : 17 médailles pour l’Égypte et 16 pour l’Algérie, tandis que le Cameroun décroche une médaille de bronze en juniors.
Les 19es Championnats d’Afrique de gymnastique artistique ont pris fin dimanche dernier au Palais polyvalent des sports de Yaoundé (Paposy). Dans cette compétition très dense, l’Égypte et l’Algérie ont imposé leur rythme, avec des résultats qui disent peu de choses… et beaucoup à la fois.
L’Algérie, côté dames, et l’Égypte, chez les messieurs, ont consolidé leur domination au concours général par équipe.. Les deux sélections ont fait mieux que “tenir” le niveau : elles ont construit leurs performances autour d’une continuité dans la qualité, notamment lors des épreuves individuelles où la régularité pèse autant que l’exécution.. Au fil du tournoi, Kaylia Nemour pour l’Algérie et Omar Mohamed pour l’Égypte se sont retrouvés comme des repères, capables de porter leurs équipes quand les ateliers s’enchaînent et que la pression monte.
Dans le détail, ces deux athlètes ont presque tout raflé au concours individuel par ateliers, tout en s’imposant aussi au concours général individuel.. Un schéma qui ne relève pas seulement du talent brut : il traduit une maîtrise technique et une capacité à enchaîner les gestes sans perdre en précision.. Résultat final : l’Égypte termine avec 17 médailles, dont six en or, quand l’Algérie totalise 16 médailles, également avec six en or.. Pour les observateurs, la comparaison des totaux n’est pas anodine : elle indique une rivalité sportive où l’avance n’est pas écrasante, mais où la constance fait la différence.
Cette édition se distingue aussi par une participation record : 14 pays, sur un calendrier sportif exigeant, ont fait le déplacement à Yaoundé.. La présence de Ehab Amin, président de l’Union africaine de gymnastique (UAG), et de Morinari Watanabe, président de World Gymnastics, a donné à la compétition un cadre plus visible, au moment où l’Afrique cherche à renforcer son empreinte internationale.. Misryoum retient un point : quand le volume des nations augmente, les écarts se resserrent souvent… et les champions se voient obligés d’élever leur niveau.
Pour le Cameroun, l’histoire de cette semaine a surtout été celle d’un moment réussi au milieu d’une compétition plus dure que prévu.. Le pays a aligné 17 athlètes, répartis entre cinq seniors et cinq juniors chez les dames, et cinq seniors et deux juniors chez les messieurs.. Dans le concours individuel juniors à la table de saut, Célestin Simba a décroché une médaille de bronze.. Un résultat précieux, car il reste, selon le bilan de l’équipe, l’unique distinction camerounaise de la compétition.
Chez les seniors, David Manguele a atteint la finale au sol et à la table de saut.. Mais la compétition ne pardonne pas : au moment de conclure, il n’a pas réussi à transformer la présence en finale en médaille.. Au-delà du classement, ce type de séquence dit quelque chose de la gymnastique moderne : il faut être solide sur la durée, et surtout au dernier enchaînement, quand les détails font basculer l’évaluation.
Le contexte local, lui, n’est pas absent du récit.. Les organisateurs et les délégations ont vécu plusieurs jours de mise en place, de préparation et d’attentes.. Le bronze de Simba a été présenté comme une étape importante, aussi parce qu’une médaille à ce niveau peut ouvrir des portes pour la suite du parcours.. En gymnastique, où la sélection et la qualification deviennent des horizons concrets, chaque performance “utile” pèse autant que l’exploit.
Pour Misryoum, l’enjeu est désormais clair : l’Égypte et l’Algérie ne se contentent pas de gagner, elles structurent une trajectoire.. Les deux nations montrent qu’elles savent former, aligner et performer sur plusieurs facettes de la discipline, des concours par ateliers jusqu’au général individuel.. Cette domination continentale aura des répercussions directes : elle peut attirer davantage de ressources, stimuler les programmes nationaux et pousser les autres pays à investir plus tôt dans la préparation.
À mesure que le niveau s’élève, la comparaison devient un moteur.. Les 14 pays présents à Yaoundé auront envie de réduire l’écart lors des prochaines échéances, mais la tâche sera exigeante.. L’Afrique veut compter dans les grands rendez-vous, et ces Championnats d’Afrique donnent une image nette de ce que signifie “compter” : répéter la performance, gérer la pression et viser la médaille avec un plan de match qui tient jusqu’au bout.