Macron à Nairobi: « Nous sommes les vrais panafricanistes »

À Nairobi, Macron affirme tourner la page de la « Françafrique », cite des mesures sur le Mali et la restitution culturelle, et met en avant la diaspora.
Emmanuel Macron a ouvert le sommet franco-africain « Africa Forward« , les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, en proclamant la fin définitive du « pré carré » français sur le continent.. Devant des chefs d’État, des investisseurs et un public de jeunes, le président français a affiché une posture de rupture totale avec la Françafrique — un exercice auquel ses prédécesseurs s’étaient déjà livrés, sans convaincre.. Un discours de rupture aux accents familiers
Lors de la conférence de presse conjointe avec le président kényan William Ruto, Macron a déclaré : « Nous sommes les vrais panafricanistes », affirmant n’avoir jamais traité l’Afrique francophone comme une zone d’influence réservée.. Il a invoqué le retrait militaire du Mali, la transformation des bases françaises sur le continent et la promulgation, la veille du sommet, d’une loi sur les restitutions culturelles africaines, comme preuves d’un changement en actes.. Ce type de déclaration
n’est pourtant pas inédit.. Nicolas Sarkozy avait, dès sa campagne de 2007, promis une relation « sans paternalisme » et « décomplexée » avec l’Afrique — avant que son discours de Dakar, qualifiant « l’homme africain » de insuffisamment « entré dans l’Histoire », ne réduise ces engagements à néant.. François Hollande avait, à son tour, repris des formules quasi identiques à Dakar en 2012.. Selon Pierre Jacquemot, ancien ambassadeur de France en Afrique, cité
par Public Sénat dès 2018, Macron « n’est pas le premier à déclarer qu’il y a eu un changement d’attitude dans la relation avec l’Afrique.. » La diaspora franco-africaine, nouvel argument géopolitique Dans un échange avec la jeunesse en marge du forum, Macron a affirmé que des millions de jeunes en France sont « totalement français et totalement africains », qualifiant cette réalité d’« immense chance pour le pays.. » Cette valorisation de la double
identité répond à une stratégie de mobilisation des diasporas, annoncée par l’Élysée comme axe central du sommet.. Un sondage Ipsos BVA, commandé par la diplomatie française elle-même, indique que 74 % des personnes interrogées dans neuf pays africains déclarent avoir une bonne image de la France.. L’échantillon exclut les pays du Sahel et l’Algérie.. Au total, 23 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés à l’issue de la première journée, dont 14 milliards d’origine française.. Le
sommet se poursuit mardi avec une session intergouvernementale réunissant une trentaine de chefs d’État africains.
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