Sécurité et santé au travail : la SOBUMET met la protection au cœur du développement

Du 11 au 13 mai, la SOBUMET tient son 2e congrès à Ouagadougou, pour renforcer la santé au travail et soutenir un développement endogène au Burkina Faso.
La médecine du travail s’impose progressivement comme une composante essentielle des politiques publiques de santé et de développement.. C’est dans cette dynamique que la SOBUMET tient son 2ᵉ congrès scientifique du 11 au 13 mai, avec l’ambition de proposer des solutions concrètes pour améliorer durablement les conditions de travail au Burkina Faso et en Afrique.. La cérémonie d’ouverture a été co présidée par le ministre des Servants du peuple, Mathias Traoré, le ministre de la
Santé, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano.. Dans le discours officiel du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, président de la cérémonie, prononcé par Mathias Traoré, le gouvernement a rappelé que « sans sécurité et santé au travail, point de développement ».. Le chef du gouvernement a souligné que le développement durable et endogène, fondé sur les ressources et les
réalités locales, ne peut être envisagé sans une protection effective des travailleurs.. Le Premier ministre a dressé un constat préoccupant.. Plus de 80 % des travailleurs exercent dans le secteur informel, souvent sans couverture sociale ni suivi médical adapté.. Les services de santé au travail ne couvrent qu’entre 5 et 10 % de la population active, tandis que les accidents du travail et les maladies professionnelles coûtent chaque année plus d’un milliard de francs CFA
aux organismes de prévoyance sociale.. Il a invité les congressistes à produire des recommandations concrètes susceptibles d’éclairer les décisions publiques.. Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a insisté sur le lien étroit entre santé au travail et santé publique.. « Nous avons souvent tendance à cloisonner la santé.. Pourtant, les travailleurs ne laissent pas leur santé à la porte de l’usine, du bureau ou du chantier », a-t-il déclaré.. Selon lui,
les maladies professionnelles, les accidents du travail et les risques psychosociaux représentent des défis majeurs pour le système national de santé.. Il a expliqué que la coprésidence tripartite du congrès traduit la complémentarité entre les différents départements ministériels concernés.. Le secteur de la santé assure la prévention, le dépistage et la prise en charge des pathologies professionnelles.. À lire : Médecine du travail : « La prévention des risques professionnels coûte toujours moins cher que
les conséquences », alerte la SOBUMET Des recommandations attendues pour accompagner les décisions publiques La présidente de la SOBUMET, Pr Marthe Sandrine Sanou Lompo, a salué la forte mobilisation des médecins du travail et des différents acteurs réunis à Ouagadougou.. Selon elle, cette rencontre se veut résolument pratique et orientée vers l’action.. « Durant ce congrès, il est attendu des conférences, des ateliers, des panels, des communications orales et des communications affichées.. Nous allons aller
à l’essentiel pour aboutir à des conclusions pertinentes et faire des recommandations pour accompagner les décisions que voudront bien prendre les autorités dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail des travailleurs », a-t-elle affirmé.. Pour la présidente du comité d’organisation du congrès, la santé est le capital le plus précieux du travailleur.. « Un travailleur en bonne santé est un levier stratégique pour une bonne production des entreprises », a-t-elle souligné, insistant sur
la coresponsabilité de tous les acteurs.. Employeurs, travailleurs, représentants du personnel et autorités publiques doivent chacun jouer leur rôle dans la prévention, l’encadrement réglementaire et le contrôle.. La présidente de la SOBUMET a relevé que ce deuxième congrès se distingue du premier par son ancrage dans les priorités nationales.. « Notre réflexion va s’articuler autour de la recherche de solutions innovantes qui s’appuient sur les ressources endogènes, tout en gardant l’humain au centre », a-t-elle
expliqué.. Au-delà des débats scientifiques, la SOBUMET pose également des actes concrets.. Elle a récemment accompagné l’initiative Faso Mêbo en offrant des équipements de protection individuelle, notamment des gants, des casquettes, des bottes et des chaussures de sécurité.. Ce geste vise à sensibiliser sur l’importance de protéger les travailleurs exposés à divers risques professionnels.. À lire : Pr Marthe Sandrine Sanon : « La santé au travail est une responsabilité partagée » À l’issue de
la cérémonie d’ouverture, les officiels ont visité les stands installés sur le site du congrès.. Ceux-ci mettent en lumière des équipements de protection, des outils de prévention et des initiatives portées par des structures engagées dans la promotion de la santé et de la sécurité au travail.. Pendant trois jours, les participants examineront les défis liés aux risques professionnels et formuleront des recommandations destinées à renforcer la couverture en santé au travail au Burkina Faso
et sur le continent.. À travers cette rencontre, la SOBUMET entend contribuer à faire de la protection des travailleurs un véritable moteur de souveraineté, de productivité et de développement durable.. Farida Thiombiano
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