General News

Climat : la lutte contre le méthane comme solution énergétique

Selon l’AIE, réduire les fuites de méthane dans l’énergie permettrait des gains rapides pour le climat et la sécurité énergétique.

Un gaz discret, mais décisif pour le climat et l’énergie : le méthane.

Dans son rapport annuel Global Methane Tracker, Misryoum indique que la production record d’énergies fossiles en 2025 a contribué à une part importante des émissions de méthane d’origine humaine.. L’enjeu est central car le méthane, invisible et inodore, agit comme un puissant levier de réchauffement, avec un impact marqué sur le court terme..

L’AIE présente ces résultats à l’occasion d’une réunion internationale à Paris, portée notamment par la présidence française du G7. Objectif affiché : accélérer la mobilisation mondiale dans les secteurs où les émissions sont les plus fortes, en particulier l’énergie, les déchets et l’agriculture.

Ce sujet revient avec force car agir sur le méthane ne se limite pas au climat. En parallèle, réduire ses fuites peut aussi améliorer l’efficacité de filières énergétiques souvent confrontées à des tensions d’approvisionnement.

Misryoum rappelle que le méthane est le principal composant du gaz naturel et qu’il s’échappe de plusieurs points du système : gazoducs, installations liées à la production, mais aussi pratiques comme le torchage inefficace.. Le rapport évoque une stabilité préoccupante des émissions liées au secteur fossile, sans signe de baisse en 2025, malgré des engagements internationaux pris ces dernières années.

Dans le même contexte, l’AIE souligne que les réductions offrent des « bénéfices climatiques significatifs à court terme ». Autrement dit, même si le méthane a une durée de vie plus courte que le CO2, chaque baisse peut se traduire assez rapidement par un effet mesurable.

Pour l’industrie pétrogazière, l’AIE met en avant des mesures jugées éprouvées : repérer et réparer les fuites, et limiter le torchage.. Misryoum précise que ces actions pourraient éviter une part substantielle des émissions du secteur, avec un intérêt économique lié à la récupération du gaz autrement perdu.

Derrière la dimension technique, le rapport relie aussi la question aux défis énergétiques. L’idée est qu’un gaz capté et non gaspillé peut être réinjecté sur les marchés, contribuant ainsi à sécuriser des approvisionnements dans un contexte géopolitique tendu.

Misryoum rapporte toutefois que, malgré un engagement signé par de nombreux pays, les mesures concrètes peinent à suivre. Les politiques actuelles seraient en dessous de l’objectif global, et la répartition des émissions reste très concentrée : quelques pays pèsent particulièrement dans le total.

Enfin, l’AIE relève des avancées, notamment grâce au progrès de la surveillance satellitaire qui permet d’identifier plus finement des épisodes de « super-émissions » et de déclencher des corrections.. Misryoum note aussi que l’intensité des émissions a reculé depuis 2019 dans plusieurs cas, même si les performances restent très inégales selon les pays.

À l’échelle de la transition, cette démarche compte parce qu’elle combine un effet rapide sur le climat et une logique d’efficacité énergétique. Pour les décideurs, le méthane apparaît ainsi comme un levier pragmatique, à condition de transformer les engagements en actions vérifiables.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Are you human? Please solve:Captcha


Secret Link