Violences en garde à vue en Guyane : un retraité évoque des menaces et des coups
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En Guyane, un retraité affirme avoir subi des violences et des menaces pendant une garde à vue à Régina. Une enquête est ouverte.
Ce matin-là, Augustin Prosper, fonctionnaire à la retraite, vient faire ses courses au bourg de Régina.. Deux gendarmes l’abordent pour le placer en garde à vue.. Ils lui notifient ses droits.. « Vous avez le droit de garder le silence, vous avez le droit d’avoir un avocat, vous avez le droit d’avoir un médecin, et vous pouvez faire un appel à la personne de votre choix, cite le retraité.. Tout de suite, j’ai répondu, je
veux un avocat, je veux être vu par un médecin, je vais garder le silence.. » Des droits contestés dès l’arrivée à la brigade selon le retraité La garde à vue commence à la brigade.. « Le gendarme me dit “vous avez dit que vous ne voulez pas d’avocat, vous ne voulez pas être vu par un médecin”.. Il a considéré que tout ce qui a été dit dans la rue n’a pas de valeur..
» Auguste Prosper réaffirme sa volonté de garder le silence.. « Le gendarme est parti dans des insultes : « pour qui tu te prends, j’ai déjà remarqué que tu te prends comme si tu étais un esprit supérieur ici, tu n’es personne ici, et moi je vais te montrer qui je suis, je vais te faire rester tranquille.. » » Auguste Prosper Des accusations de violences après un passage en cellule Motif de la
garde à vue : insultes et dégradation d’un bien privé dans le cadre d’un supposé conflit de voisinage.. Le retraité est placé en cellule, quelques heures plus tard, lorsque la garde à vue s’achève, le sexagénaire ne peut plus se lever.. Il indique ne plus pouvoir bouger lorsqu’il est stressé.. Auguste Prosper réclame à nouveau un médecin en vain.. « Ce gendarme s’est penché sur moi, il a déposé son genou sur mon plexus, et
il m’a dit: “s’il arrive quelque chose à ma maison, à moi, à mes chiens, à tes voisins, à leurs maisons, à leurs chiens ou à un bien quelconque, je te tue”.. Il m’a dit ça devant tous ses collègues.. Si tu ne te lèves pas, tu vas voir.. Et c’est comme ça qu’ils se sont mis à me taper.. Ils m’ont donné des coups de genoux, des coups de pied, des coups sur le
visage » Auguste Prosper Examiné le lendemain à Saint-Georges Puis il est transporté par les gendarmes devant la brigade.. Sans téléphone, il ne peut appeler les secours.. Les pompiers sont contactés via un passant.. Arrivés sur place, ils sont interpellés par un gendarme.. « Il lui a dit: “celui-là, ne le ramasse pas, c’est du cinéma qu’il fait.. Donc laisse-le, il va bien finir par rentrer chez lui” » Les pompiers repartent en le laissant
couché là.. D’autres pompiers le prennent en charge plus tard.. Amené à Saint-Georges, il est examiné le lendemain par un médecin.. Dans sa maison, piste Ineri, Auguste Prosper nous montre le certificat médical.. Il relève deux écorchures dans le dos, mais pas d’autres traces.. « Je certifie que j’ai été tapé.. On sait, très bien que sur la peau noire, il est très difficile de voir des bleus.. » Une enquête ouverte Le retraité a
porté plainte.. La procureure a ouvert une enquête pour violence sans incapacité de travail par personne dépositaire de l’autorité publique.. Enquête confiée aux gendarmes de Macouria.. Sollicitée, la direction de la gendarmerie évoque le comportement délétère et irrespectueux de Monsieur Prosper, documenté au cours de la garde à vue en lien avec le parquet.. L’intéressé dément et précise qu’on ne lui a pas fait signer de procès-verbal de garde à vue.. Par ailleurs, il est
convoqué en octobre devant le tribunal pour violence avec arme, en l’espèce une débroussailleuse, contre sa voisine et la fille de celle-ci.. Le sexagénaire reconnaît des insultes réciproques, mais récuse les violences.
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