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Gouvernance locale : l’adaptation au menu d’un atelier à Douala

À Douala, Misryoum rapporte l’atelier du Prolog sur l’intégration de l’adaptation climatique dans les investissements locaux, pour renforcer la résilience des territoires.

Douala a accueilli, du 20 au 23 avril, un atelier consacré à la façon d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans les investissements locaux. L’objectif : aligner ces choix avec les systèmes de gouvernance et de planification territoriale.

Porté par le Projet « gouvernance locale et communautés résilientes » (Prolog), avec le ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel) et l’appui de Misryoum, l’événement a réuni des acteurs de plusieurs niveaux : partenaires techniques et financiers, autorités impliquées dans la planification, ainsi que des représentants du développement local.. Une délégation centrafricaine était aussi présente, conduite par Lucien Judicaël Montinda, coordonnateur national du projet Ekengpa.

Sur le fond, les discussions ont cherché à vérifier la cohérence entre les initiatives d’adaptation et les politiques locales.. Autrement dit : est-ce que, dans les communes et les territoires, les projets tiennent vraiment compte des risques climatiques dès leur conception ?. L’atelier a aussi insisté sur la nécessité de renforcer les investissements avec des outils de planification plus robustes, capables de guider les décisions au-delà de la simple urgence.

Un cas camerounais a marqué les esprits.. Misryoum rapporte que, dans le cadre du Prolog, des moyens ont été investis dans la construction de blocs de salles de classe à Limbe III.. Mais après seulement six mois, la montée des eaux a détruit une partie de l’ouvrage.. Le bilan est brutal : un investissement perdu, parce que les acteurs n’avaient pas anticipé la réalité climatique qui s’est imposée ensuite.

Ce type de séquence n’est pas seulement une parenthèse malheureuse.. Quand des infrastructures censées durer sont fragilisées dès leur mise en service, c’est tout un quotidien qui se casse : continuité pédagogique interrompue, coûts de maintenance qui explosent, et confiance des communautés qui s’effrite.. À Limbe III, le message dépasse largement la question du béton et des fondations.. Il interroge la manière dont les territoires évaluent les risques, et surtout à quel moment l’adaptation doit devenir un réflexe de gouvernance.

L’enjeu, défendu par les responsables du Prolog, consiste à placer l’adaptation au centre des programmes d’investissement.. Pour le coordonnateur national, Jackson Ngwa Edielle, la question de l’adaptation au changement climatique est centrale dans les arbitrages budgétaires et les projets de développement.. Le point de bascule attendu est clair : passer d’une logique où l’on « construit, puis on voit », à une logique où l’on « planifie en tenant compte du climat » dès le départ.

Au-delà du Cameroun, l’atelier a également voulu capitaliser des expériences.. Le Prolog côté camerounais et Ekengpa en République centrafricaine ont en commun cette volonté de transformer les leçons du terrain en méthodes plus solides.. L’idée est de faire circuler les savoir-faire : quelles erreurs éviter, quels outils utiliser, et comment rendre l’adaptation opérationnelle dans les documents de planification et les processus de validation des projets.

Concrètement, les échanges ont cherché à proposer des actions capables d’améliorer la résilience des territoires.. Cela peut toucher plusieurs étapes : la collecte d’informations sur les risques, la prise en compte du niveau de vulnérabilité des sites, la sélection de solutions techniques compatibles avec le climat local, et enfin le suivi dans le temps.. Dans un atelier de gouvernance, l’adaptation n’est pas qu’une question technique ; elle engage aussi la coordination entre acteurs et la qualité des décisions collectives.

Misryoum perçoit, à travers cette rencontre, une trajectoire qui se dessine : la résilience devient une exigence de planification, pas un sujet à traiter à part.. Si les investissements locaux sont mieux alignés avec les systèmes de gouvernance territoriale, alors les territoires peuvent limiter les dégâts et mieux protéger les services essentiels.. Les prochains mois diront si les leçons tirées de cas comme celui de Limbe III se traduisent, sur le terrain, par des projets plus durables et plus sûrs.

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