Code électoral au Sénégal : Takku Wallu laisse PASTEF sans recours

Takku Wallu Sénégal renonce à saisir le Conseil constitutionnel, après la réforme des articles L29 et L30 du Code électoral adoptée en urgence.
Au Sénégal, la réforme du Code électoral prend un tournant politique : le groupe parlementaire Takku Wallu dit renoncer à saisir le Conseil constitutionnel.
Dans un communiqué rendu public à Dakar ce mardi 5 mai 2026, Takku Wallu indique avoir décidé de ne pas déposer de recours contre la loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral.. Le choix est présenté comme assumé, avec l’idée de laisser PASTEF gérer seul les conséquences d’une réforme portée par la majorité parlementaire.. Pour l’opposition, c’est aussi une manière de prendre acte du moment politique actuel.
Takku Wallu invoque, pour justifier sa décision, « de larges discussions » internes et une « analyse approfondie du contexte politique actuel ».. Le groupe cite aussi le fait que la prise de position publique du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, aurait compté dans cette séquence, notamment ses propos sur la procédure d’urgence ayant entouré l’adoption des modifications.
Dans cette affaire, le signal envoyé est autant juridique que tactique : renoncer au recours, c’est éviter de se placer au cœur d’une bataille que l’opposition juge déjà chargée.
Le groupe précise en outre qu’il ne souhaite pas « s’immiscer dans ce qui apparaît comme une tension interne au camp au pouvoir ». Takku Wallu affirme vouloir rester en dehors de « querelles partisanes », en mettant en avant l’argument de l’intérêt supérieur du Sénégal.
La réforme des articles L29 et L30 n’est pas anodine, car ces dispositions avaient déjà suscité des conséquences politiques directes, notamment pour la participation du Premier ministre Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de mars 2024.. En révisant à présent ces articles, la majorité parlementaire dont Ousmane Sonko est politiquement proche ravive un paradoxe, renforcé par les réserves exprimées par le chef de l’État.
Autre point central : la loi ne peut entrer en vigueur qu’après promulgation par le président.. Or, Bassirou Diomaye Faye n’a pas encore procédé à cette étape.. Pour Takku Wallu, l’attention se déplace désormais vers cette prochaine décision présidentielle, considérée comme l’indicateur concret de la position finale de la présidence sur le texte.
À ce stade, l’enjeu est moins de contester dans l’immédiat que de surveiller la suite, car la promulgation ou son absence peut reconfigurer la lecture politique du dossier.
Tout en quittant le terrain du recours constitutionnel, Takku Wallu dit ne pas abandonner son rôle parlementaire : le groupe annonce maintenir une « veille républicaine » et poursuivre un « travail d’opposition constructive au sein de l’Assemblée nationale ».
En clair, cette séquence illustre une opposition qui choisit le tempo : au lieu de pousser une bataille devant les institutions, elle privilégie la temporalité politique, notamment autour de la promulgation.