Détroit d’Ormuz : le bras de fer sans fin

Le détroit d’Ormuz, ce passage si étroit, est redevenu le centre de gravité de toutes les inquiétudes. Alors que le trafic y reste bloqué, on se demande bien ce que les participants à la conférence de ce vendredi vont réellement acter — enfin, si tant est qu’ils parviennent à se mettre d’accord. C’est une rengaine qu’on connaît, mais le poids du silence des pétroliers dans la zone est assourdissant. J’ai encore en tête le bruit du ressac contre la coque des navires lors d’un reportage passé là-bas, une sensation de calme trompeur avant l’orage.
Donald Trump, fidèle à lui-même, assure qu’un accord avec l’Iran est « très proche ». Il va même jusqu’à prétendre que Téhéran a accepté de céder son uranium enrichi. Vrai ou simple manœuvre diplomatique ? Difficile à dire, et les marchés semblent d’ailleurs assez sceptiques. Cette hausse des prix des carburants tombe, il faut bien le dire, au pire moment possible pour les professionnels du tourisme qui espéraient un peu de répit.
Parallèlement, la situation au Liban reste fragile. Si le calme semble revenu à la frontière ce matin, les accusations de violation du cessez-le-feu par l’armée libanaise contre Israël jettent un froid. Philippe Sidos, un ancien responsable de la Finul, soulignait récemment la proximité étroite entre l’armée libanaise et le Hezbollah. Une réalité complexe qui complique tout.
Misryoum a pu observer que la traque des espions iraniens sur le sol israélien se poursuit sans relâche. C’est une guerre de l’ombre, une guerre d’usure. Et pendant ce temps, la Chine se retrouverait impliquée, fournissant potentiellement du matériel militaire à l’Iran. Tout s’entremêle.
On attend de voir si la diplomatie va l’emporter sur la force, mais l’histoire nous a appris à être prudents. Est-ce qu’on se dirige vraiment vers un apaisement durable ? Peut-être pas, ou du moins, pas tout de suite. La région reste sur un fil, entre annonces fracassantes et réalité du terrain qui, elle, ne bouge pas d’un iota. C’est frustrant cette impression de surplace.
En fin de compte, que peut-on espérer ? Sûrement pas grand-chose de concret avant la fin de journée. Le détroit, lui, continue d’observer les navires qui attendent. Ou qui hésitent.