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À Saint-Quentin-la-Tour, un éleveur accuse des vautours

attaques de – À Saint-Quentin-la-Tour, en Ariège, Yann de Kérimel raconte la mort d’une vache en plein vêlage fin avril 2026 et accuse des vautours d’avoir attaqué des animaux vivants. Il dit avoir perdu six bêtes depuis son installation en 2010. De son côté, la préfecture

Il est un peu avant 9 heures, à la fin avril 2026. Les enfants de Yann de Kérimel l’alertent : dans un champ, sur l’une de ses parcelles en plein air, des rapaces sont là. L’éleveur se rend aussitôt sur place.

Quand il arrive, il décrit une scène impossible à oublier. Une vache, en train de vêler, est morte avec son veau. « La vache était couchée sur le flanc. avec des vautours qui l’avaient déjà attaquée et tuée. raconte-t-il. Ils l’avaient éventrée par la vulve ; les yeux, la bouche, tout était déjà mangé. Le veau avait les deux pattes vers la sortie, mais ils l’avaient déjà attaqué de l’intérieur. ».

Ce mercredi 10 juin, presque plus rien ne reste intact. Dans l’herbe, on distingue encore un fragment de squelette du veau et des restes en décomposition. Mais Yann de Kérimel s’accroche à un détail qui. pour lui. ne relève pas de l’interprétation : « Quand une bête est déjà morte et que les vautours viennent ensuite sur la carcasse. il n’y a pas de sang autour. Là, il y en avait partout. ».

Depuis une dizaine d’années, il voit aussi les rapaces « de plus en plus nombreux dans le secteur ». Dans ses souvenirs, les événements se répondent. Il évoque notamment une vache sauvée de justesse l’an dernier : « Une mère un peu faible. Les vautours lui avaient transpercé la vulve. On a appelé le vétérinaire et on a réussi à les repousser avant qu’ils ne fassent trop de dégâts. ».

Dans l’ensemble, depuis son installation en Ariège, Yann de Kérimel estime avoir perdu six animaux dans des attaques qu’il attribue à des vautours : trois vaches et trois veaux.

Cette vision est contestée, mais elle s’inscrit sur le terrain. Jean-Luc Fernandez, président des chasseurs ariégeois, ne minimise pas ce qu’il considère comme une évolution. « Le vautour attaque les bêtes, certes en difficulté, mais bien vivantes. » Il décrit un enchaînement : « Certes. ce sont des bêtes qui sont en train de vêler ou affaiblies. mais ils dévorent le placenta. le veau et ensuite ils attaquent la matrice de l’animal et puis ils dévorent la vache. Dans l’indifférence générale. puisque les associations environnementales disent que le vautour n’est que nécrophage ; or. les exemples sont partout édifiants. ».

Au cœur du désaccord, il y a aussi la façon de gérer le risque. Yann de Kérimel. ancien président de la Coordination rurale en Ariège et élu à la Chambre d’agriculture. défend un projet porté depuis plusieurs années par l’Ana-Cen : la création de « placettes d’équarrissage naturel ». Le principe est simple : les éleveurs peuvent y déposer les carcasses, et les vautours les consomment. Pour lui. c’est « plus écologique. moins coûteux et moins contraignant que l’acheminement d’un camion de société d’équarrissage ». Il estime aussi que cela permettrait de concentrer l’activité des vautours. de les surveiller. voire. si nécessaire. de les réguler.

« Aujourd’hui, il faudrait surtout une vraie étude », dit-il. Une étude qui comparerait « le nombre de vautours présents dans les Pyrénées à la quantité de carcasses disponibles naturellement en montagne. »

Pour l’éleveur, les faits d’avril dernier sur ses terres restent pourtant non officiellement actés. Il dit n’avoir fait « aucune déclaration officielle ». « Je n’ai pas envie de remplir des papiers pour que l’OFB se déplace et me dise qu’il n’y a pas d’indemnisation ». explique-t-il. Il assure aussi avoir signalé un autre cas par le passé sans qu’aucun agent ne se rende sur place.

À la préfecture de l’Ariège. on souligne que Yann de Kérimel « n’a effectivement pas pris contact avec l’Office français de la biodiversité (OFB) ». Les services de l’État indiquent que l’OFB « recense tous les signalements d’interactions vautours-bétail au travers d’une fiche de renseignements dédiée ». Ces signalements sont ensuite « transmis au niveau national et relayés localement à la Direction départementale des territoires (DDT) ».

En Ariège, six dossiers ont été enregistrés en 2025 et quatre en 2026 à ce stade. « Aucune des fiches sur les trois dernières années n’a démontré d’attaques sur des animaux vivants en bonne santé ». indique la préfecture. Elle rappelle aussi qu’un dispositif d’effarouchement des vautours avait été mis en place dans le département il y a plusieurs années. avant d’être annulé par le tribunal administratif en mai 2017.

Rien, dans le quotidien de l’éleveur, ne semble pourtant suffire à lever la tension. « Pour l’éleveur. qui assure ne nourrir aucune hostilité vis-à-vis des vautours ». il affirme que les placettes pourraient aider. mais il ne cache pas non plus l’épuisement que lui inspire l’idée d’une surveillance permanente : « Quand on a les bêtes lâchées dans les prés. on ne peut pas passer notre journée à les surveiller ; on a d’autres choses à faire. ».

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