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SNC Bobo 2026 : l’ONASER impose le port du casque pour sécuriser le festival

À Bobo-Dioulasso, l’ONASER mène une opération de contrôle pendant la SNC : immobilisation immédiate et remise en route seulement après port du casque. Objectif affiché : “zéro accident”.

La Semaine Nationale de la Culture (SNC) bat son plein à Bobo-Dioulasso, et avec elle, la ville attire davantage de monde, de motos et de véhicules sur la route.

Ce 25 avril, l’Office National de la Sécurité Routière (ONASER) a lancé une opération de contrôle et de sensibilisation dès le matin.. Les agents se sont déployés sur plusieurs carrefours jugés stratégiques, avec un message central : le casque n’est pas un accessoire de circonstance, c’est une protection.

L’originalité de la démarche de Misryoum, via l’ONASER, tient surtout à son mode d’action.. Contrairement aux opérations plus classiques où la verbalisation peut tomber immédiatement, les contrevenants ne sont pas uniquement sanctionnés par une amende.. Ils sont d’abord immobilisés.. Concrètement, le conducteur doit garer son engin, aller chercher un casque et le remettre devant les agents avant de pouvoir reprendre la route.

Sur le terrain, le dispositif a pris de l’ampleur rapidement.. En moins d’une heure, plus d’une centaine de personnes ont été interceptées sur seulement deux carrefours.. L’image est frappante : un contrôle visible, répété, qui transforme la route en espace de rappel.. La SNC, avec ses mobilisations et ses déplacements, crée un contexte où chacun pense pouvoir “passer entre les gouttes”.. Misryoum décrit ici une logique inverse : on s’arrête, on corrige, puis on repart.

Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, en charge de l’antenne Ouest de l’ONASER, a insisté sur le caractère obligatoire du casque.. La mesure existe depuis 1978, rappelle-t-il.. Le but n’est pas seulement de faire respecter un texte : c’est de limiter les traumatismes crâniens en cas de chute, un risque qui augmente quand la circulation se densifie.

Parmi les personnes arrêtées, Traoré Guy Armel, transporteur, a dû se conformer au protocole.. En l’interceptant alors qu’il rejoignait son travail, les agents l’ont obligé à revenir avec un casque.. Sur le moment, l’arrêt est forcément contraignant.. Pourtant, il dit y voir un intérêt concret, parce que la protection joue aussi contre les effets de l’environnement — y compris le vent — et pas uniquement lors d’un choc.

Misryoum souligne un autre volet du message : l’ONASER met aussi en garde contre les usages “fantaisistes” du matériel, comme les casques accrochés au guidon ou portés à l’envers.. Ces pratiques peuvent donner une illusion de conformité, alors qu’elles réduisent, voire annulent, l’efficacité de la protection.

Pourquoi cette insistance pendant une période de fête ?. Parce que l’objectif affiché est clair : viser le « zéro accident ».. Quand l’affluence grimpe, les comportements changent — parfois sans mauvaise intention — et les risques suivent.. Le contrôle pédagogique cherche donc à agir avant l’incident, en rappelant que “le détenir” ne suffit pas.. Il faut réellement le porter.

Au-delà du contrôle du jour, l’opération de Bobo-Dioulasso pose une question plus large : quel type de sanction produit le changement le plus durable ?. En immobilisant d’abord, l’ONASER oblige à une prise de conscience immédiate.. Pour beaucoup, ce moment-là marque plus que la simple procédure administrative, parce qu’il touche à la capacité de reprendre la route sans négociation.

Alors que la SNC continue, la pression reste sur les conducteurs et surtout sur les deux-roues.. Si le message est compris tôt, la fête peut avancer sans que la route devienne le prolongement d’un risque inutile.. Misryoum retient surtout cette idée simple, répétée au fil des contrôles : le casque n’est pas un détail de conformité, c’est une barrière de protection quand la vitesse, la fatigue et l’encombrement se conjuguent.