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Ne soyons pas surpris

Après tout, sommes-nous surpris ? Il ne faudrait pas.

C’est presque devenu un réflexe : quand une équipe gagne tôt, on s’attend à du confort. Mais samedi soir, au Centre Georges-Vézina, Yanick Jean a rappelé que non—pas de “balade dans le parc”. « Encore une fois, ça n’a pas été une balade dans le parc ? » J’ai lancé la question pendant l’entrevue d’après-match, après une deuxième victoire de 3-1. Il a répondu du tac au tac, agacé, avec une phrase qui sonnait comme un avertissement : « Il n’y en aura pas, de balade dans le parc. »

Ce n’est pas juste un trait d’humeur. C’est aussi un rappel utile : au deuxième tour des séries, les victoires faciles n’existent plus. Et je ne suis pas convaincu non plus que les Saguenéens devaient “transpercer” les coriaces Remparts, ni même que ces deux gains serrés soient forcément inquiétants. Chaque match a son histoire, chaque série a la sienne. Le style de jeu d’Éric Veilleux et sa troupe semble justement fait pour ce genre de match—et pour la glace olympique du Centre Georges-Vézina.

L’action se passe le plus souvent le long des rampes, avec des batailles 50/50, et loin de la zone payante, surtout. Les jeunes, mais affutés Remparts, sont à l’aise quand les chances de marquer sont rares. Donc oui, les partisans ont peut-être imaginé une courte guerre. Sauf que les batailles, elles, se jouent à l’intérieur d’au moins 60 minutes. Puis on recommence. Sur une page blanche, encore. Et, étrange détail—presque concret—on entendait des cris dans l’aréna, ce genre de bruit épais qui colle aux oreilles quand ça s’échauffe sans forcément éclater.

D’ailleurs, un point revient souvent quand on regarde cette série : les séries de décisions, les moments de bascule, les “détails” qui font que ça penche. Il semblerait que les joueurs des Saguenéens sont les seuls à savoir ça, vraiment. Alexis Bernier et les autres défenseurs des Saguenéens ont donné très peu depuis le début des séries. Ça aide à comprendre pourquoi le spectacle n’est pas le plus éclatant, mais aussi pourquoi ce jeu hermétique devient un exercice solide sur cette glace.

On m’a déjà demandé s’il y avait un danger d’avoir rossé l’adversaire pendant cinq matchs—entre le 27 février et le 8 mars—par un pointage combiné de 54-6 aux buts. Là, maintenant, c’est évident que non. L’expérience des patineurs saguenéens a produit des nerfs solides. On aimerait que ce soit plus simple, vu des airs… mais c’est positif, quand même : les joueurs sont allumés quand ça compte. Parlant de compter, Nathan Lecompte a livré. Avec un bon match dans le corps, samedi, l’attaquant a créé l’égalité en première période, pour ensuite faire la différence tard en troisième, avec un tir parfait. « Nate, c’est un ‘’gamer’’ », a salué Yanick Jean.

Ce qui se passe maintenant aura une utilité pour la suite. Mais attention quand même : il ne faudrait pas que ce soit trop facile—parce qu’après, il y aurait de nouvelles raisons de se poser des questions. « Ça peut nous aider pour la suite, a d’ailleurs estimé Nathan Lecompte. Il faut leur donner crédit, ils jouent bien défensivement en fermant le centre. Ils nous ont encore donné du fil à retordre, mais on a fait notre travail de notre côté et le résultat est là. »

Ensuite, ça se gâte (ou ça se précise), avec les matchs au Centre Vidéotron lundi et mercredi. En première ronde, les Saguenéens ont été dominants à Halifax, l’emportant 6-1 et 8-1. Au premier tour, les Remparts ont gagné une seule fois en trois tentatives dans l’amphithéâtre digne de la Ligue nationale de hockey, devant leur foule. Et côté saison régulière, une suite plus mitigée à la maison : ils ont à peine joué pour ,500 à la maison (14-13-4-1). La défensive chicoutimienne me paraît encore plus coriace sur les petites glaces… possiblement un dur coup, en n’allouant qu’un seul but dans un sixième match de suite depuis le début des séries.

En fin de soirée samedi, Éric Veilleux a assuré que sa troupe allait être prête. Yanick Jean ne croit pas non plus que les Diables rouges sont prêts à casser, après avoir plié. « Toute notre énergie va être sur le troisième match, a-t-il annoncé. On retourne sur une glace régulière et il faut continuer de bien faire ce qu’on a fait. On veut que nos joueurs soient disciplinés et qu’en aucun temps, ils ne répliquent aux coups. » Et… on revient toujours à la même idée. Pas de “balade”. Pas maintenant.

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