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Sommet CPE : l’Europe et le Canada se serrent les coudes en Arménie

À Erevan, la CPE réunit l’Europe et invite le Canada, sur fond de tensions avec Trump et de soutien à l’Ukraine et à l’Arménie.

Erevan devient le point de friction et de rassemblement en même temps : au 8e sommet de la Communauté politique européenne, l’Europe cherche à parler d’une seule voix face à des chocs géopolitiques qui s’accélèrent.

Parmi les dirigeants attendus dans la capitale arménienne, on retrouve notamment Emmanuel Macron, Keir Starmer, Volodymyr Zelensky, ainsi que les plus hauts responsables de l’Union européenne, Ursula von der Leyen et Antonio Costa.. Le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué son empêchement, tandis que la participation du président turc n’a pas été confirmée.. Le Premier ministre espagnol, annoncé dans les parages mais contraint de reprendre son voyage lundi, doit rejoindre le sommet après un atterrissage reporté pour des raisons techniques.. Dans ce contexte, la CPE s’inscrit comme une scène où l’Europe, selon Misryoum, veut d’abord se retrouver entre elle.

L’enjeu dépasse le simple format : quand les repères traditionnels vacillent, se coordonner à l’échelle continentale devient une manière de reprendre la main sur le calendrier diplomatique.

Créée en 2022 dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la CPE rassemble la quasi-totalité des pays européens, qu’ils soient membres ou non de l’UE ou de l’Otan, à l’exception de la Russie et du Bélarus.. Les discussions prévues mêlent des sujets allant du soutien à l’Ukraine à la lutte contre le narcotrafic, avec de nombreuses rencontres bilatérales.. Le choix d’Erevan n’est pas anodin non plus : la tenue des échanges dans une région où les tensions régionales se font sentir donne un écho particulier aux préoccupations des Européens.

Plus concrètement, le sommet est présenté comme une occasion de réaffirmer le soutien de l’Europe à l’Ukraine dans sa résistance à l’agression russe, tout en intégrant la crise au Moyen-Orient, qui pèse désormais sur l’agenda des capitales.. Misryoum rapporte aussi que l’arrivée d’un dirigeant non européen invité, Mark Carney, donne une coloration supplémentaire à ces échanges, élargissant le regard au-delà du seul cadre européen.

Au fond, ce mélange de thèmes rappelle une réalité : la sécurité n’est plus segmentée par zones, et les décisions prises ici peuvent résonner ailleurs.

Le rapprochement avec le Canada figure parmi les éléments saillants.. Misryoum relève que l’invitation adressée à Ottawa transforme la perception du format : là où la CPE a d’abord été vue comme un regroupement pensé contre la ligne de Moscou, elle prend progressivement une allure plus anti-impulsions américaines, notamment dans un contexte de retour de Donald Trump.. Le Premier ministre canadien met en avant l’idée d’une alliance entre “puissances moyennes”, face à des puissances plus dominantes, et insiste sur une vision commune de la géopolitique et de la sécurité fondée sur le droit international.

Dans la même logique, le Canada chercherait à se rapprocher de ses partenaires et à renforcer sa coopération, alors que l’Europe ressent aussi, selon Misryoum, les effets des choix diplomatiques et économiques attribués au président américain.. L’objectif, en creux, est de consolider une forme de bloc quand les agendas internationaux deviennent imprévisibles.

Cette dynamique compte parce qu’elle dessine des coalitions capables de tenir lorsque les doctrines des grandes puissances fluctuent.

Après le sommet de la CPE, une suite est prévue avec le 1er sommet UE-Arménie mardi, dans un format plus resserré.. L’occasion est aussi politique : elle intervient un mois avant des élections législatives considérées comme cruciales pour l’avenir du pays.. L’Arménie, ancienne république soviétique restée proche de Moscou après l’effondrement de l’URSS, tente d’élargir ses liens avec l’Union européenne sous l’impulsion de son Premier ministre.

Misryoum souligne que le pays a adopté l’an dernier une loi affirmant officiellement son intention de devenir candidat à l’UE, dans la continuité d’un partenariat engagé en 2017.. Même si la candidature n’a pas encore été déposée formellement, les positions avancent comme sur un échiquier, pendant que des avertissements liés aux relations économiques avec la Russie pèsent sur les choix à venir.. Le sommet, lui, sert de tribune : l’Europe veut y montrer qu’elle peut avancer, malgré les pressions, et en gardant l’Arménie dans son champ de soutien.

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