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Adèle Exarchopoulos incarne Garance, un portrait cru de l’alcoolisme

La critique de Paris Match (3/5) Une fois encore Jeanne Herry s’empare d’un thème peu cinématographique pour traiter les maux de notre époque. Il lui faut moins de cinq minutes pour montrer Garance à l’écran vider son premier verre de blanc. Le premier d’une longue série, elle, qui dit en riant, «je suis alcoolique ». Mais point de farce ici : le cinéma de Jeanne Herry ausculte au scalpel la dépendance de la jeune femme, la manière dont l’addiction a irrigué les pores de son

existence. Noctambule, parisienne, artiste, Garance a tous les atouts pour tomber dans les affres du divin nectar, s’enfilant des ballons de blanc, la fleur au fusil. Jeanne Herry filme ces verres discrètement posés au pied des chaises, ces godets enquillés lors des pauses, ces coupes de champagne enchainées après une représentation. L’alcoolisme de Garance est son compagnon de vie, dans les bons jours comme dans les mauvais. Même l’arrivée de Pauline (Sara Giraudeau), sa nouvelle amoureuse, en plein Covid ne l’éloigne pas des cubis qu’elle

descend seule. Quand ses proches tirent la sonnette d’alarme, quand sa carrière déraille à cause de la boisson, Garance ferme les yeux, s’estimant incapable d’enrayer la spirale, abrutie par l’ivresse. Un film majeur sur l’aveuglement Jeanne Herry signe ici un film majeur sur l’aveuglement. Elle a su mettre à bonne distance son goût pour le réel en apportant une touche de légèreté grâce à l’humour ravageur et au sens des punchlines de son personnage, évidemment écrites pour Adèle Exarchopoulos. La comédienne, qui est de toutes

les scènes et de tous les plans, déploie son jeu de chienne battue par la vie, avec une intelligence remarquable. Le feu qui consume Garance est le même que celui qui brille dans le cœur de l’actrice. Heureusement la médecine viendra au bout des peines de la jeune femme, tout comme aussi quelques coloriages, un peu d’ennui et beaucoup d’amour. Au fond du tonneau, la lumière existe. Et « Garance » se révèlera en fin course totalement éclairée par une sobriété… exemplaire. « Garance »

de Jeanne Herry, sortie le 23 septembreAvec Adele Exarchopoulos, Sara Giraudeau

Garance, Jeanne Herry, Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, cinéma, addiction, alcoolisme

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