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Retraite : une secrétaire du privé doit épargner près d’un million

épargner près – Au Québec, sans fonds de pension, une employée du privé doit accumuler près de 900 000 $ pour viser un revenu de retraite comparable à celui d’une collègue du public.

Au Québec, la retraite n’offre pas la même sécurité à tout le monde, surtout quand il n’y a pas de régime d’employeur.

Dans un scénario de comparaison entre deux secrétaires arrivant à 65 ans après 35 ans de travail. Misryoum montre l’ampleur de l’écart entre le secteur public et le secteur privé lorsqu’il n’existe aucun fonds de pension.. La question qui revient dans les discussions est simple : combien faut-il épargner. en pratique. pour compenser l’absence d’un régime à prestations déterminées comme le RREGOP?. Les calculs convergent vers une idée qui frappe : près d’un million de dollars d’épargne. avec un effort d’épargne annuel très élevé.

Pourquoi l’écart se creuse avant même la retraite

Le contraste tient d’abord à la mécanique des régimes.. Dans le secteur public. le RREGOP agit comme un filet de sécurité : les cotisations se font durant la carrière et la rente est calculée selon des paramètres propres au régime.. Dans le privé. en l’absence d’un fonds de pension. l’effort repose presque entièrement sur la capacité d’épargne de la personne. année après année. et sur la discipline nécessaire pour maintenir le cap.

Dans l’étude mise en récit par Misryoum. Johanne (secteur public) et Marie-Josée (secteur privé) ont des profils volontairement proches : même âge de retraite (65 ans). même nombre d’années de service (35 ans) et même point de départ en épargne (aucune épargne avant 30 ans dans le scénario).. Le but est de réduire les variables pour isoler l’effet principal : le régime de retraite. ou son absence.

“Presque un million” pour viser le même revenu net

Selon les calculs présentés par Misryoum, la secrétaire du privé devrait accumuler environ 896 241 $ d’épargne au moment de sa retraite pour obtenir un revenu disponible comparable à celui de sa consœur du public, estimé autour de 45 000 $ après impôt.

Concrètement, le calcul repose sur une hypothèse de rendement annuel moyen conservateur de 3,8 %.. Pour Marie-Josée. cela implique une stratégie combinant des comptes fiscalement distincts : le REER pour une partie de l’épargne. puis un CELI pour compléter.. Le scénario est structuré pour que l’épargne “travaille” assez longtemps, malgré des retours modestes.. Mais le point central demeure l’effort : Marie-Josée devrait consacrer 29. 3 % de son salaire à l’épargne sur toute la durée de la carrière.

À titre de comparaison, Johanne cotise environ 10 % de son salaire au RREGOP, avec un effet cumulatif sur toute la trajectoire professionnelle.. Le résultat ne se mesure pas uniquement en dollars à 65 ans : la différence se construit pendant des décennies. et elle se reflète ensuite dans la capacité à maintenir un niveau de vie lorsque le revenu d’emploi cesse.

Ce que ça change au quotidien pour les travailleurs du privé

L’enjeu n’est pas seulement financier; il est aussi social.. Dans la vie réelle. épargner près du tiers du salaire sur une longue période suppose de pouvoir absorber les imprévus. de résister à la tentation de reporter l’effort et de garder un plan assez stable pour que le rendement (même modeste) puisse faire sa part.. Quand on n’a pas de régime de pension. la retraite dépend plus fortement de facteurs individuels — et ces facteurs ne sont pas répartis équitablement dans la population.

Misryoum rappelle donc une réalité souvent sous-estimée : une retenue “différente” aujourd’hui se transforme en sécurité “différente” demain.. Si la retraite devient une question de discipline et de capacité d’épargne. alors les personnes qui vivent déjà avec peu de marge financière prennent un risque disproportionné.. Même à salaire équivalent dans le scénario. la différence entre avoir un régime collectif et n’en avoir aucun se traduit par un effort d’épargne très lourd.

La comparaison met aussi en lumière un autre angle : le temps.. Commencer tôt, même avec des montants modestes, change la trajectoire.. Dans le scénario. aucune des deux ne commence avant 30 ans. ce qui accentue la nécessité d’épargner davantage plus tard.. Dans le monde réel. ceux qui débutent après coup risquent d’avoir encore moins d’options. car ils devront rattraper plus vite.

Quels leviers existent pour réduire le risque

Misryoum souligne qu’il existe des mécanismes pour diminuer ce déficit de prévoyance. surtout dans les milieux où l’employeur offre des outils.. Un exemple mentionné est l’adhésion à un programme d’épargne-retraite volontaire comme le RVER. que les entreprises de 5 employés et plus doivent proposer depuis 2013.. L’idée n’est pas de promettre des miracles : c’est de créer un cadre où l’épargne peut démarrer et rester régulière.

Dans cette logique, l’accompagnement compte autant que le produit.. Une personne qui comprend les effets du taux d’épargne et la différence entre REER et CELI peut transformer une intention floue (“je verrai plus tard”) en décisions concrètes.. Et quand on sait que l’écart se chiffre en centaines de milliers de dollars. la planification cesse d’être un sujet abstrait.

Enfin, Misryoum rappelle qu’il peut aussi exister des ajustements importants liés à la coordination des revenus à 65 ans.. La correction apportée dans la version papier de l’histoire illustre une chose : dans le calcul de retraite. un détail technique peut déplacer l’ordre de grandeur.. C’est aussi une raison de s’informer avec rigueur. plutôt que de se fier à des impressions générales.

Au fond. l’histoire de Johanne et de Marie-Josée n’est pas une comparaison entre deux personnes; c’est une comparaison entre deux architectures de retraite.. Et lorsque l’architecture n’est pas là. l’épargne doit prendre toute la charge — parfois. jusqu’à près d’un million. pour espérer toucher un revenu comparable.