Pro D2 : Agen s’impose face à Biarritz, une victoire sans éclat

Le stade est encore un peu sonore, cette résonance métallique des tribunes qui se vident doucement alors que l’odeur de la pelouse fraîchement retournée flotte dans l’air. Le SU Agen a pris les cinq points, c’est le plus important, mais dans les coursives, les visages ne sont pas forcément radieux. Guillaume Jan, l’entraîneur adjoint, ne cache pas une certaine retenue : « On ramène les 5 points, certes, mais dans le contenu, ce n’était pas trop ça. On a manqué de pétillant, un peu d’énergie après la pause. » C’est vrai que par moments, on a eu l’impression de voir une équipe qui tournait au ralenti, subissant le jeu plus qu’elle ne l’imposait.
Du côté de Biarritz, l’ambiance est forcément plus lourde. Thomas Hebert, troisième ligne, résume l’amertume du vestiaire : « On se heurte à un mur en première période et ensuite, on court après le score. C’est frustrant de ne pas marquer alors qu’on a des opportunités. » On sent chez lui cette volonté de ne pas tout jeter, surtout après la déconvenue contre Nevers. Il y a cet état d’esprit qui semble là, cette envie de se battre pour le maintien, ce « match de la mort » contre Colomiers qui pointe déjà le bout de son nez dans les discussions.
Misryoum a recueilli les impressions des acteurs principaux. Boris Bouhraoua, le manager biarrot, ne mâche pas ses mots. Il pointe une forme de crispation, une lecture du jeu parfois perfectible. « On ne se maintiendra pas en jouant petit bras », insiste-t-il, rappelant que le club a besoin de chaque point, peu importe la manière. Il y a une urgence, un besoin de se réinventer offensivement, ou peut-être de retrouver une confiance qui s’effrite à chaque faux pas.
Lucas Martins, l’ailier agenais, a lui marqué les esprits avec cet essai final. « C’est une récompense collective », dit-il, encore un peu essoufflé. C’est paradoxal : l’équipe gagne avec le bonus offensif, mais tout le monde s’accorde à dire que le manque de précision a pesé lourd. On rentre dans la zone rouge, on n’arrive pas à conclure, et puis voilà, la fin de saison tire sur les organismes.
Les cinq derniers matchs sont des finales pour tout le monde, comme le glisse Ollie Cummins. Pour Agen, c’est Oyonnax qui attend, un virage crucial pour ne pas lâcher le wagon. On attend de voir si cette équipe sera capable de retrouver son standard habituel, celui d’avant les doutes.
Finalement, le rugby n’est jamais parfait. C’est ce qu’on se dit en observant les joueurs regagner le car, entre fatigue et devoir accompli. Il faudra plus de précision la semaine prochaine, ou peut-être juste un peu plus de folie.