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Lettre ouverte : Koanda alerte sur la guerre médiatique contre l’AES

Dans une lettre ouverte, Mahamadou Koanda appelle les présidents du Burkina, du Mali et du Niger à mieux riposter à la propagande visant l’AES.

LETTRE OUVERTE AUX PRÉSIDENTS DE LA CONFÉDÉRATION DES ÉTATS DU SAHEL Objet : Contribution citoyenne à la guerre médiatique imposée à l’AES Excellences, Messieurs les Présidents, Un adage de chez nous enseigne que : « Quand la danse familiale du warba se fait dans une calebasse, chaque membre doit y mettre son pied.. » Autrement dit, lorsque la mère patrie appelle, chaque fille et chaque fils dignes de ce nom doivent répondre présents selon leurs

compétences, leurs capacités et leurs moyens.. Pour ma part, j’apporte, à travers la présente, ma modeste contribution à la bataille des récits qui sous-tend le terrorisme au Sahel ; une guerre par procuration, une guerre de recolonisation qui ne dit pas son nom.. Concrètement, il s’agit de réfléchir aux moyens de contrer, sinon de neutraliser, les mécanismes de propagande, de manipulation narrative, d’apologie et de blanchiment médiatique du terrorisme qui s’exercent contre notre très chère

Confédération.. Excellences, Messieurs les Présidents, Avant d’entrer dans le vif du sujet, le devoir le plus élémentaire commande de saluer votre engagement commun à défendre la souveraineté de nos États coûte que coûte, vaille que vaille.. Sachant que la souveraineté ne se proclame pas mais se conquiert, nos différentes armées, en première ligne dans cette lutte, ont été débarrassées de leurs anciennes tutelles puis restructurées, modernisées, formées et équipées conséquemment.. À moins d’être apatride ou

de mauvaise foi pour le nier, le digne peuple sahélien reconnaît et est même fier de la montée en puissance de ses forces combattantes.. Cette dynamique culmine aujourd’hui avec la mise en place de la force unifiée de l’AES, forte de plusieurs milliers de soldats aguerris déjà opérationnels sur le terrain.. Cependant, Excellences, s’il est vrai que sur le champ de bataille aucun répit n’est laissé à l’ennemi, force est de constater que sur le

front communicationnel, l’initiative semble encore trop souvent lui être abandonnée.. Une guerre médiatique menée contre l’AES Les médias français tels que France 24, Jeune Afrique, RFI, TV5 Monde et consorts mènent, parallèlement aux attaques terroristes, une guerre médiatique sans merci contre le Sahel.. Systématiquement, ils qualifient vos régimes de « juntes », vous collent quotidiennement des procès d’intention et prédisent l’apocalypse pour nos États.. Tels des pyromanes, ils mettent régulièrement le feu aux poudres à

travers l’ethnicisme, le communautarisme et le fanatisme selon une logique bien connue : « diviser pour régner ».. Ils passent sous silence les victoires de nos forces combattantes et n’en parlent souvent que pour évoquer des exactions ou des atteintes aux droits de l’homme ; la même rhétorique utilisée pour détruire la Libye et assassiner Mouammar Kadhafi, dont le Sahel paie aujourd’hui un lourd tribut.. Prenant fait et cause pour les terroristes, ils les appellent

« séparatistes » ou « djihadistes » par euphémisme, comme pour leur conférer une certaine légitimité tout en prenant le malin plaisir de délégitimer nos autorités légales et légitimes.. C’est véritablement le monde à l’envers.. Des propagandistes médiatiques déguisés en pseudo-experts du djihadisme communiquent à visage découvert sur leurs plateaux pour les groupes armés terroristes.. Ils couvrent les attaques terroristes de bout en bout, alourdissent systématiquement les bilans et vont même jusqu’à accorder des interviews

aux chefs terroristes afin de défendre l’indéfendable.. Cette mansuétude éditoriale trahit l’implication du pouvoir français dans la crise sahélienne lorsqu’on sait que celui-ci n’a pas hésité à interdire les médias pro-russes dans le cadre du conflit russo-ukrainien.. Or, sans conteste, l’Ukraine elle-même est « un État terroriste » puisque des voix officielles de ce pays ont publiquement revendiqué les attaques terroristes de 2024 à Tinzaouatène au Mali.. Et ce n’est pas un fait isolé.. En

effet, des révélations du journaliste Georges Malbrunot, dans un éditorial publié le 8 mai sur RTL, font état d’une participation active de l’Ukraine, en complicité avec la France, dans les attaques coordonnées du 25 avril dernier.. L’information ennemie comme source de renseignement Excellences, L’avantage de certains excès médiatiques est que l’adversaire finit parfois lui-même par nous renseigner.. Encore faut-il savoir exploiter intelligemment ces informations.. Ainsi, dès 2025, le tristement célèbre Wassim Nasr évoquait déjà des

pourparlers entre le FLA et le JNIM autour d’une alliance contre nature dirigée contre Bamako.. Pour illustrer son propos, il citait le scénario syrien où des terroristes ont fini par prendre le pouvoir avant que leur chef, Ahmed al-Charaa, ne soit reçu en grande pompe à l’Élysée par Emmanuel Macron le 7 mai 2025.. Nul besoin d’être dans les secrets des dieux pour comprendre que la mise en scène médiatique de la rencontre entre Oumar

Mariko, figure controversée du paysage politique malien en exil, et des militaires retenus otages par le JNIM, entrait précisément dans le cadre d’un projet funeste contre le Mali.. L’objectif était multiple : – Gagner la sympathie des familles des militaires capturés ; – Démoraliser les troupes engagées au front ; – Insinuer un abandon des soldats capturés à leur sort ; – Retourner progressivement certains esprits faibles contre les institutions républicaines.. Si ces manœuvres avaient

été décortiquées aux yeux de tous, il aurait été possible d’en limiter les dégâts.. « Un homme averti en vaut deux », dit-on.. Pire encore, lorsque les attaques furent effectivement lancées, pendant que les communications officielles demeuraient hésitantes ou tardives, ces mêmes médias annonçaient tambour battant la mort du ministre malien de la Défense, le prétendu blocus de Bamako ou encore la supposée prise de Kidal.. À peine certains chroniqueurs et toute la nébuleuse gravitant

autour d’eux parvenaient-ils à dissimuler leur jubilation.. Dans ce contexte particulièrement tendu, le journaliste Abdoul Niang réalisa un travail de communication remarquable, rapide, précis et parfaitement calibré, permettant à une large partie de l’opinion publique de reprendre son souffle.. La guerre médiatique a changé de terrain Excellences, La suspension de ces médias de propagande dans l’espace AES constitue indéniablement une décision salutaire et nécessaire.. Le président ivoirien Alassane Ouattara avait d’ailleurs publiquement promis d’œuvrer à

leur rétablissement, preuve du caractère hautement stratégique de cette mesure.. Mais la seule suspension ne saurait suffire.. « Lorsqu’on enterre un cadavre, on ne laisse pas ses pieds dehors », nous enseigne une sagesse populaire.. En effet, cette guerre informationnelle se poursuit désormais principalement en dehors des canaux traditionnels, notamment sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques où se joue aujourd’hui l’essentiel de la bataille des perceptions.. Campagnes coordonnées de désinformation, manipulations émotionnelles, récits

fabriqués, propagande numérique, influence algorithmique ; le combat médiatique moderne a profondément changé de nature.. Pour maximiser leur impact psychologique, ces médias fonctionnent en bande organisée à travers une véritable synergie narrative : – Publications simultanées ; – Reprises croisées ; – Amplification mutuelle ; – Saturation informationnelle.. À moins de se couper totalement du monde numérique, il devient pratiquement impossible d’échapper à cette offensive permanente.. Or, à force d’être répété quotidiennement, le mensonge finit

toujours par semer le doute dans les esprits.. Et dans les guerres contemporaines, la conquête des esprits précède souvent celle des territoires.. Cela rappelle cette formule de Joseph Goebbels, passé maître dans l’art de de la propagande : « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois il devient une vérité.. » Une entreprise de délégitimation internationale Les conséquences de cette offensive informationnelle dépassent largement le seul cadre interne.. À

l’international, l’image de nos États est méthodiquement dégradée à travers des contenus massivement relayés et fortement référencés sur les moteurs de recherche.. Ainsi, toute personne recherchant des informations sur le Sahel tombe prioritairement sur des analyses biaisées, des récits alarmistes et des interprétations systématiquement hostiles à l’AES.. Les balivernes récemment débitées par Yousra Elbagir de Sky News lors de la dernière interview du camarade Président Ibrahim Traoré, en prenant internet comme source d’autorité quasi absolue,

illustrent parfaitement cette dérive.. L’objectif apparaît clairement : – Isoler diplomatiquement l’AES ; – Légitimer les pressions internationales ; – Préparer progressivement l’opinion mondiale à d’éventuelles actions hostiles, voire à des interventions militaires.. L’histoire enseigne d’ailleurs que les campagnes médiatiques précèdent souvent les grandes opérations de déstabilisation politique.. François Hauter, ancien journaliste du Figaro, avait lui-même reconnu avoir été, selon ses propres termes, « affreusement manipulé pour préparer l’assassinat de Thomas Sankara ».. Il expliquait

avoir reçu un dossier accusant Vincent Sigué, proche de Sankara, d’exactions contre des civils.. Arrivé à Ouagadougou pour enquêter, l’accès aux supposées victimes lui fut refusé à l’hôpital par des médecins français, avant que certaines ONG ne viennent opportunément confirmer les accusations.. De retour en France, il publia plusieurs articles à charge contre le régime sankariste.. Un mois plus tard, Thomas Sankara était assassiné.. Aujourd’hui, c’est Human Rights Watch qui joue ce même complot.. L’hostilité

médiatique contre l’AES ne saurait donc être ni minimisée ni sous-estimée.. La structuration d’une véritable doctrine de guerre informationnelle Excellences, Messieurs les Présidents, Face à cette offensive multiforme, il devient impératif de structurer une véritable riposte stratégique à l’échelle confédérale.. Vous donnez déjà le ton à travers vos différentes interventions publiques, vos discours et vos interviews qui perturbent manifestement les calculs de l’ennemi.. Les récentes prises de parole du Président de la Commission nationale de

la Confédération de l’AES, M.. Bassolma Bazié, ainsi que celles du ministre malien Abdoulaye Diop constituent également de véritables cas d’école en matière de communication politique offensive.. Mais cette bataille du narratif ne peut reposer uniquement sur quelques personnalités ou sur des interventions ponctuelles.. Chaque membre de vos gouvernements, chaque responsable administratif, chaque acteur disposant d’une parcelle d’autorité ou d’influence doit désormais être engagé dans cette lutte informationnelle.. De la même manière que les armées

ont été renforcées et modernisées, il devient nécessaire de : – Recruter ; – Former ; – Equiper ; – Coordonner des spécialistes de la communication stratégique, du renseignement informationnel, du numérique et de l’influence médiatique.. Des initiatives citoyennes comme les BIR-C accomplissent déjà un bon boulot.. Mais l’ampleur du défi impose désormais une coordination institutionnelle beaucoup plus forte afin d’assurer cohérence, rapidité et efficacité dans la diffusion de l’information.. L’AES doit également investir massivement

le terrain numérique.. Toutes les plateformes doivent être pleinement investies afin de concurrencer durablement les récits hostiles et d’occuper l’espace informationnel international.. De toute évidence, le combat moderne ne se mène plus uniquement avec des armes conventionnelles.. Il se mène aussi avec : – Des images ; – Des vidéos ; – Des analyses ; – Des documentaires ; – Des algorithmes ; – Des récits.. Il faut désormais des stratèges du récit, des experts

du référencement numérique, des analystes, des documentaristes, des créateurs de contenus ainsi que des milliers de voix capables de défendre la vérité des peuples sahéliens face à la puissante machine médiatique internationale.. En outre, il serait judicieux de mettre en place des équipes spécialisées chargées de collecter, documenter et archiver systématiquement toutes les preuves de désinformation, de manipulation médiatique et de soutien indirect aux groupes armés terroristes.. Ces éléments pourraient ensuite être exploités lors de

conférences internationales, de débats diplomatiques, de colloques ou devant certaines juridictions compétentes afin d’exposer les contradictions et les responsabilités des différents acteurs impliqués.. Dans ce type de confrontation, les rapports de force se construisent également à travers le jeu subtil des alliances, des preuves et de l’influence.. En dernier ressort, il nous appartient à nous seuls d’écrire notre propre histoire.. Le bourreau qui nous a réduits en esclavage est le même qui nous a colonisés

et qui cherche aujourd’hui encore à nous recoloniser.. S’il a pu se maintenir aussi longtemps, c’est notamment parce qu’il nous a confisqué notre propre récit historique afin de mieux orienter nos consciences.. Après que nos grands-parents eurent aidé la France lors de la deuxième guerre mondiale, souvent utilisés comme chair à canon, celle-ci massacra nombre de survivants dans le camp de Thiaroye au Sénégal en guise de remerciement.. Si le président Emmanuel Macron a eu

l’outrecuidance, un jour, de traiter les Africains d’ingrats, c’est aussi parce que ces crimes historiques demeurent largement absents des programmes éducatifs hérités de la colonisation.. C’est pourquoi la littérature africaine, particulièrement sahélienne, doit être puissamment encouragée.. Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, dit le proverbe, les récits de chasse glorifieront toujours le chasseur.. Écrivons donc nous-mêmes notre histoire, sans fard ni filtre.. Thomas Sankara l’avait parfaitement compris lorsqu’il lançait cet appel dans

son célèbre Discours d’orientation politique du 2 octobre 1983 : « Que les écrivains mettent leur plume au service de la Révolution.. » Les peuples passent, les régimes changent, mais les archives demeurent d’où ce dicton bien connu : « Les paroles s’envolent, mais les écrits restent.. » Excellences, Cette lettre n’a d’autre ambition que d’apporter une modeste contribution citoyenne à cette bataille décisive.. Ma seule motivation demeure l’amour de ma patrie ainsi qu’un attachement

profond, sincère et inébranlable à la Confédération des États du Sahel.. Puisse Dieu, ainsi que les mânes de nos ancêtres, protéger l’AES, guider vos décisions et accorder la victoire aux peuples sahéliens engagés dans cette longue marche pour leur dignité, leur souveraineté et leur émancipation véritable.. Veuillez agréer, Excellences, l’expression de ma très haute considération.. KOANDA Mahamadou Inspecteur de l’enseignement primaire et de l’éducation non formelle à Banfora Écrivain engagé Auteur du livre PROPHÉTIE –

« TUEZ SANKARA, DES MILLIERS DE SANKARA NAÎTRONT !. » Émail : mahamakoanda@gmail.com Tels : 76144818/ 70687042

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