Le jour où le SGG a ouvert ses portes à la jeunesse djiboutienne

À Djibouti, le SGG a accueilli des jeunes via “Lead or to Be Led” : eJO, légistique et archives nationales au cœur d’un dialogue qui fait entrer la jeunesse dans la modernisation de l’action publique.
Le dimanche 19 avril 2026, le Secrétariat général du Gouvernement (SGG) a ouvert ses portes à une délégation de jeunes Djiboutiens. Une première, dans le cadre du programme « Lead or to Be Led » du DERE Institute, qui a transformé une visite attendue en véritable échange.
Le décor était celui d’une institution réputée pour sa rigueur, son technicisme et son exigence.. Longtemps perçue comme discrète, au cœur de l’appareil d’État, l’équipe du SGG a pourtant accepté de sortir de sa réserve.. Pendant cette journée, l’objectif n’était pas de dérouler un protocole, mais d’installer une passerelle entre le passé et l’avenir : l’expérience institutionnelle d’un côté, les attentes d’une jeunesse engagée de l’autre.
Concrètement, deux cohortes de jeunes ont pu participer à des échanges pensés comme une transmission.. Le ton était celui d’un dialogue exigeant, lucide, mais aussi tourné vers l’avenir.. L’idée centrale s’est imposée au fil des discussions : la modernisation de l’action publique ne peut pas être durable sans l’implication de la nouvelle génération.
Le eJO et la légistique sous les projecteurs
Au centre des échanges, il y a d’abord la révolution numérique en cours au sein du SGG.. Les équipes ont présenté le chantier du Journal officiel électronique (eJO), présenté comme un pivot de la modernisation de la diffusion du droit.. Elles ont aussi abordé l’introduction encadrée d’outils d’intelligence artificielle dans les processus de légistique, avec une attention particulière portée à la qualité normative.
Ce qui a frappé les participants, c’est la franchise des défis mis sur la table.. La valeur juridique du eJO en l’absence d’une base légale explicite a été discutée, tout comme le risque d’« hallucinations juridiques » pouvant altérer la qualité des normes.. Les enjeux de souveraineté et de sécurisation des données ont également été traités, notamment lorsque des outils numériques externes entrent dans les processus.
Dans un langage plus accessible, Misryoum retient surtout l’esprit de l’opération : l’administration, pour avancer, doit pouvoir expliquer ses choix, ses limites et ses responsabilités.. Pour la jeunesse, c’est l’occasion de comprendre que la technologie ne remplace pas la règle, mais qu’elle oblige à la clarifier, à la sécuriser et à l’ancrer dans un cadre de confiance.
Transparence, marchés publics et archives : la chaîne entière
La séquence ne s’est pas limitée au numérique et au droit.. Le Secrétariat technique de la Commission nationale des marchés publics (CNMP) a également exposé aux jeunes participants les mécanismes de la régulation de la commande publique.. Le message était clair : derrière chaque marché, il y a des règles conçues pour garantir l’égalité d’accès, la transparence et la traçabilité des décisions.
Les jeunes ont ainsi pu relier des principes de gouvernance à des réalités concrètes : depuis la passation jusqu’à l’exécution, et avec un objectif commun de prévention des risques de dérives, y compris en matière d’éthique publique.. Dans les échanges, l’idée de confiance revient comme un fil conducteur : confiance entre l’administration, les opérateurs économiques et les citoyens.
Cette partie a aussi montré que la modernisation passe par la digitalisation progressive des procédures et le développement du portail électronique des marchés publics.. Là encore, l’enjeu n’est pas seulement d’aller plus vite, mais d’améliorer l’accès à l’information et de préparer une appropriation par la nouvelle génération.
Enfin, un troisième volet a occupé une place stratégique : la préservation des archives nationales.. Le SGG, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et de la Culture, mène et continue un programme d’archivage destiné à préserver, structurer et valoriser le patrimoine documentaire.. Les archives ont été présentées comme une mémoire vive : sans archives fiables, la continuité juridique, la transparence administrative et la sécurité institutionnelle deviennent fragiles.
Une immersion qui change la posture de l’institution
La journée s’est conclue avec une visite privée des archives de la Présidence, menée avec la cheffe de département, Mme Farah Yacin.. Une immersion qui a donné une dimension concrète à la notion de mémoire : ce n’est pas seulement un dossier, c’est une preuve, une traçabilité, un socle pour l’État de droit.
Au-delà des contenus, le SGG a insisté sur l’idée que la modernisation passe par la transmission et l’implication des jeunes.. Les participants repartiront avec une meilleure compréhension des rouages de l’État, et avec l’ambition d’être acteurs dans la préservation de la mémoire nationale comme dans l’amélioration de la qualité normative.
Le message final a également tourné vers la suite.. Le Secrétaire général du Gouvernement a rappelé la disponibilité des équipes pour de nouvelles séances d’immersion au profit de la jeunesse djiboutienne, avec des rendez-vous annoncés pour les cohortes de mai, juillet et septembre 2026.. D’ici là, les jeunes ont déjà une échéance prévue : leurs premières confrontations argumentées du 25 avril 2026, autour de thématiques comme « La culture est une valeur universelle » et « Analyser, c’est s’appuyer sur des faits, pas sur une opinion ».
Au fond, ce que Misryoum voit dans cette ouverture, c’est une bascule de posture : une institution centenaire qui comprend que l’avenir administratif se construit aussi par la pédagogie, le dialogue et l’appropriation.. Les technologies, les règles de transparence et les archives ne sont pas trois mondes séparés : ils forment une même chaîne.. Et pour que cette chaîne tienne, il faut que ceux qui arriveront demain sachent déjà ce qu’elle protège, comment elle fonctionne, et pourquoi elle doit évoluer.