La Poste sous tension : le malaise syndical s’intensifie

Les syndicats de La Poste critiquent sévèrement la gestion actuelle, dénonçant l'absence de réformes et des dépenses jugées disproportionnées.
La Poste traverse une zone de fortes turbulences alors que les tensions syndicales atteignent un point de rupture en ce 1er mai. Les représentants des travailleurs pointent du doigt une direction générale accusée d’inertie face à la dégradation structurelle de l’entreprise.
Le climat social au sein de La Poste s’alourdit après le constat d’échec dressé par le SNTPT concernant le « New Deal technologique » proposé l’an dernier. Cette feuille de route, censée insuffler une dynamique de renouveau, est restée lettre morte selon le secrétaire général Ibrahima Sarr.
Cet enlisement illustre une fracture profonde entre les aspirations des agents à moderniser leurs outils de travail et une gestion jugée déconnectée des réalités opérationnelles du terrain.
Le syndicat fustige une stratégie qui se résumerait, à ses yeux, à une rationalisation brutale des effectifs via un plan de départs négociés critiqué pour son manque de transparence.. Loin de renforcer l’entreprise, cette politique est perçue par les employés comme un moteur de désespoir plutôt que comme un levier de croissance.
Le réseau physique, autrefois fleuron du service public, semble aujourd’hui en souffrance sur l’ensemble du territoire national.. De la capitale aux régions, l’état de délabrement de plusieurs bureaux emblématiques, tels que celui de Dakar Fann ou encore le bureau central de Ziguinchor, reste un sujet de vive préoccupation pour les agents.
Le mécontentement atteint son paroxysme autour d’une polémique financière : le coût des travaux de rénovation du logement de fonction du Directeur général.. Le contrat de 50 millions de FCFA, signé fin 2024, suscite l’indignation face au discours de restriction budgétaire habituellement tenu par la direction.
Face à cette situation, les syndicats en appellent désormais à l’arbitrage de l’État pour exiger un bilan rigoureux de la direction actuelle. Une interpellation formelle a été déposée à l’Assemblée nationale pour obtenir des explications claires sur la gestion des ressources.
La mobilisation syndicale souligne ici l’urgence d’une refonte managériale pour éviter un effondrement complet du service postal, essentiel au quotidien des usagers.