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Investissement au Burkina : la diplomatie de Traoré rassure des investisseurs italiens et haïtiens

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a échangé avec des investisseurs italiens et haïtiens en visite de prospection à Ouagadougou.

Ouagadougou a reçu, mercredi 22 avril 2026, une délégation d’investisseurs italiens et haïtiens venue prospecter des opportunités au Burkina Faso.. Le message porté par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a été clair : venir voir sur place, malgré les inquiétudes souvent relayées.

La rencontre s’est tenue en présence du ministre délégué, Stella Eldine Kabré, et de membres de la diaspora burkinabè installée en Italie.. La délégation, conduite par l’ambassadeur du Burkina Faso à Rome, Cyrille Ganou, a expliqué avoir d’abord voulu présenter ses civilités avant d’exposer les motifs du séjour.. Sur place, l’objectif affiché consiste à identifier des pistes de partenariats, à partir de secteurs jugés porteurs.

Parmi les domaines évoqués figurent l’énergie solaire, l’agriculture, les mines, l’aéronautique, le commerce, la robotique et l’intelligence artificielle.. Cette liste dessine une intention : dépasser l’image d’un pays uniquement tourné vers une activité et ouvrir la porte à des projets mêlant production, transformation et innovation.. La démarche, présentée comme une visite de prospection, vise autant à évaluer le terrain qu’à initier des contacts concrets.

« Agréablement surpris » de l’accueil reçu depuis leur arrivée à Ouagadougou, un conseiller de la délégation, Franscesco Colleta, a souligné la disponibilité des autorités nationales.. Son propos a aussi pris une dimension plus sensible : déconstruire un discours qu’il estime « erroné » et qui, selon lui, dissuaderait les investisseurs de se déplacer.. Dans ce type de contexte, la décision d’investir se joue rarement sur une seule information ; elle dépend d’une perception globale, et cette perception peut être influencée par ce qui circule à l’étranger.

Le chef de la diplomatie burkinabè a répondu à cette crainte en rappelant la logique de communication autour de la sécurité.. Pour Karamoko Jean Marie Traoré, la « communication spéciale » qui présenterait le territoire comme très dangereux poursuit un objectif : ternir l’image du pays des Hommes intègres et freiner les efforts de développement menés par les autorités.. Il a aussi insisté sur le contraste entre les contenus négatifs relayés sur les réseaux sociaux et les réalisations ou potentialités moins visibles.

Dans un échange direct avec ses hôtes, le ministre a défendu l’idée que le Burkina Faso offre « beaucoup d’opportunités d’affaires » dans de nombreux secteurs.. La discussion a également porté sur la posture de l’État : accompagner les investisseurs dans les processus et les contacts à établir, afin de faciliter des partenariats avec les entreprises burkinabè.. Autrement dit, l’enjeu n’est pas seulement d’ouvrir la porte, mais de réduire les frictions administratives et relationnelles qui, souvent, découragent les projets au stade du démarrage.

Au-delà de la rencontre protocolaire, ce type de visite dit quelque chose de la stratégie économique poursuivie.. Quand des investisseurs viennent avec une liste de domaines aussi variée, ils cherchent généralement à comprendre trois choses : la capacité locale à fournir, la possibilité de sécuriser les opérations, et la manière dont les institutions accompagnent les démarches.. Ici, l’accent mis sur l’énergie solaire et l’agriculture renvoie à des besoins structurels, tandis que la robotique et l’intelligence artificielle indiquent une volonté d’inscrire certains projets dans la durée, avec une montée en compétences.

Pour la population, l’impact potentiel se lit souvent avant même les chantiers.. Si des partenariats aboutissent, ils peuvent soutenir l’emploi, la formation et la création de chaînes de valeur locales, notamment dans des secteurs où le Burkina dispose de ressources et de savoir-faire.. Mais le chemin reste exigeant : le défi sécuritaire évoqué par la délégation et assumé comme contrainte par les autorités signifie que chaque projet demandera une analyse au cas par cas, avec une préparation rigoureuse.

En toile de fond, cette séquence illustre aussi un bras de levier classique dans les relations économiques : le dialogue institutionnel comme outil d’apaisement.. La diplomatie ne garantit pas, à elle seule, la rentabilité d’un projet, mais elle peut accélérer la mise en relation, cadrer les attentes et clarifier le terrain.. Dans les mois qui viennent, le véritable test sera celui des suites : concrétisation des contacts, précision des sites et des conditions de mise en œuvre, et capacité à transformer une prospection en partenariats durables.