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Conseil régional du Littoral: 2025 globalement positif, le BIP progresse

Bilan 2025 jugé globalement positif au Conseil régional du Littoral: hausse des recettes fiscales et douanières, 664 projets financés dont 520 réceptionnés. Focus sur le fonctionnement et les enjeux de ressources.

La session spéciale du Conseil régional du Littoral s’est ouverte ce mardi 21 avril, en vue d’évaluer le fonctionnement de l’organe délibérant pour 2026.

Dans la salle, les travaux ont été présidés par Polycarpe Banlog, en présence du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, représentant de l’État.. Le cadre était clair: apprécier comment la plus haute instance des collectivités territoriales décentralisées (CTD) fonctionne au quotidien, et ce que cela implique pour la conduite des politiques publiques.

Au cœur de la rencontre, le gouverneur a présenté, conformément à l’article 325 de la loi portant Code général des CTD, son rapport d’évaluation du fonctionnement des services déconcentrés de l’État pour l’année 2025.. Son message a d’abord posé un principe: malgré un déficit structurel persistant, les services ont continué de fonctionner dans le strict respect de la vision portée par la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND 30).. Autrement dit, la dynamique n’a pas été interrompue, même dans un contexte peu favorable, et des opportunités de croissance et d’innovation ont été maintenues.

Le gouverneur a ensuite insisté sur l’idée de continuité: la mise en œuvre de cette vision se poursuit au bénéfice d’un développement plus inclusif, résilient et équitable.. Dans les faits, cette orientation se traduit par des arbitrages et des priorités concrètes, notamment lorsque l’État et les CTD doivent conjuguer leurs moyens pour livrer des résultats.. La question est alors simple pour les citoyens: les politiques annoncées se transforment-elles en projets exécutés sur le terrain?

Du côté économique, le rapport indique que les administrations fiscales et douanières ont affiché des performances jugées considérables.. Le gouverneur a évoqué une nette progression des recettes recouvrées, présentée comme la preuve d’une bonne appropriation du système fiscal.. Pour les responsables locaux, c’est un signal utile: plus les recettes sont effectivement mobilisées, plus il devient possible de planifier et d’exécuter des programmes.. Même sans entrer dans des détails chiffrés supplémentaires, la logique est nette et se comprend facilement—un système mieux maîtrisé permet de réduire les zones d’incertitude.

Toutefois, le bilan 2025 comporte aussi une ombre.. Le gouverneur a déploré une difficulté majeure dans la mise à disposition des ressources aux CTD.. Cette tension est souvent celle que les populations ressentent indirectement: quand l’argent tarde à arriver, les calendriers se décalent et les projets prennent du retard, même lorsque l’ambition est là.. À ce stade, l’enjeu n’est pas seulement budgétaire; il touche à la capacité d’exécution et à la crédibilité des engagements.

Un budget d’investissement qui soutient l’exécution

Pour le budget d’investissement public (Bip), présenté comme un levier central des politiques publiques régionales, le gouverneur a indiqué que le Littoral a bénéficié, en 2025, d’une enveloppe de plus de 22 milliards destinée au financement de 664 projets.. Parmi eux, 520 ont été réceptionnés, portant le taux d’exécution physique à 84,38%.. Autrement dit, une majorité des investissements planifiés a été menée jusqu’à une étape concrète.

Ce niveau d’exécution est important pour deux raisons.. D’abord, il traduit une capacité à transformer des décisions en chantiers terminés—ou du moins en réalisations suffisamment avancées pour être réceptionnées.. Ensuite, il crée un effet d’entraînement: les projets réceptionnés peuvent faciliter la continuité administrative et technique, tout en permettant d’enclencher les prochaines phases.. Dans la vie locale, ce sont souvent des routes, des équipements ou des aménagements dont on parle moins en commission que dans les quartiers et les villages.

Pourquoi ce “globalement positif” mérite d’être nuancé

Le qualificatif “globalement positif” ne supprime pas les défis.. Le déficit structurel évoqué en toile de fond rappelle que les marges de manœuvre restent contraintes.. Et la difficulté de mise à disposition des ressources aux CTD introduit une fragilité: on peut réussir sur l’exécution physique à un instant T, mais rester exposé à des retards si la chaîne de financement et de décaissement n’est pas sécurisée.

À l’approche de 2026, la session spéciale ressemble donc à une étape de pilotage: évaluer, corriger, et surtout préparer les conditions d’une meilleure fluidité.. Dans ce type de rapport, l’essentiel n’est pas uniquement de constater des résultats, mais de comprendre pourquoi certains leviers fonctionnent et pourquoi d’autres butent.. Pour les citoyens, l’attente est simple: que le rythme d’exécution ne dépend pas uniquement des annonces, mais de la disponibilité régulière des moyens.

Le calendrier 2026 au centre des discussions

En engageant une évaluation portant sur le fonctionnement de l’organe délibérant et des services, Misryoum retient une idée directrice: la dynamique de 2025 fournit une base, mais l’équilibre reste à construire entre recettes mobilisées, exécution des projets et stabilité de l’appui aux CTD.. La présence du représentant de l’État et la référence au cadre légal montrent que la gouvernance est pensée comme un système, pas comme une suite d’actions isolées.

Pour la région du Littoral, les chiffres du BIP et le niveau d’exécution physique dessinent un socle encourageant.. Reste à transformer cette performance en trajectoire durable, notamment en réduisant la friction autour des ressources destinées aux CTD.. C’est souvent à ce moment que se joue, concrètement, la différence entre un bilan positif et une amélioration perceptible au quotidien.