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Émigration clandestine : Le piège de l’illusion pour la jeunesse béninoise

Face à la montée de l'émigration clandestine, les autorités de Bassila dénoncent les réseaux d'escrocs utilisant les réseaux sociaux pour appâter les jeunes béninois dans une impasse financière et humaine.

De Bassila à Abidjan, en passant par les zones rurales du sud, des réseaux de recrutement sans scrupules vident les communes de leurs bras valides.. Entre promesses de réussite sociale et mises en scène sur les réseaux sociaux, des centaines de jeunes béninois tombent dans le piège d’une expatriation qui vire le plus souvent au cauchemar.. Ils s’imaginaient déjà sous la neige du Canada, ou attablés dans des restaurants luxueux de métropoles occidentales.. Au lieu

de cela, c’est dans l’anonymat de quartiers précaires d’Accra ou d’Abidjan, dépouillés de leurs économies et parfois de leur dignité, que de nombreux jeunes béninois terminent leur « voyage vers le bonheur ».. Des images pour piéger les esprits Le mode opératoire des réseaux d’escroquerie est aussi simple qu’efficace : le miroitement.. À l’aide de photos truquées ou simulées envoyées via WhatsApp et Facebook, les recruteurs — souvent des fils de la localité déjà installés

à l’étranger — font croire à une réussite fulgurante.. « On leur envoie des images simulées de jeunes qui prennent l’avion, qui sont au Canada dans la neige, ou dans des restaurants de haut niveau pour montrer qu’ils sont dans un Eldorado », explique le Docteur Tassou Zachari Félikibirou, maire de la commune de Bassila.. Ces images frappent là où ça fait mal : l’ambition d’une jeunesse en quête de repères.. Si les artisans espèrent

une réalisation matérielle rapide, le phénomène touche désormais les milieux scolaires.. Des élèves de seconde et de première abandonnent les bancs, convaincus que l’école est un chemin trop lent vers la richesse.. Le prix de ce billet pour l’illusion est exorbitant.. Pour financer le départ, les familles s’endettent ou bradent leur patrimoine.. Le maire de Bassila cite le cas déchirant d’un jeune éleveur qui a vendu l’intégralité de son troupeau, mobilisant plus de deux millions

de francs CFA, pour rejoindre un frère cadet déjà « enrôlé ».. Une fois sur place, la réalité est brutale : pas d’avion, pas de neige, mais un système de manipulation où les premières victimes sont forcées de recruter leurs propres proches pour espérer s’en sortir.. Le phénomène s’étend dans le nord du Bénin et même dans certains départements du sud du pays.. La riposte doit s’organiser et la sentence doit rester implacable Face à

ce que les autorités locales qualifient de « désarroi total », la mairie de Bassila a décidé de passer à l’offensive.. L’objectif est clair : arrêter la saignée.. Pour cela, la thérapie recommande une sensibilisation de choc, la mise en place de cellule de crise et l’ouverture du volet judiciaire.. Des communiqués tournent en boucle sur les radios locales et les réseaux sociaux pour déconstruire les mensonges des recruteurs.. Mais cela ne suffit pas.. il

faut passer cette action à l’échelle nationale et intensifier l’information à l’endroit des jeunes.. Le maire a instauré des audiences pour recueillir les témoignages des rescapés.. Ces récits ont déjà permis d’empêcher des départs imminents, certains candidats ayant été interceptés alors qu’ils s’apprêtaient à monter dans le bus.. Mais au-delà, ces témoignages doivent par exemple servir de support pour l’éducation par les pairs et la stratégie, répliquée dans les autres communes touchées par le phénomène..

En collaboration avec le commissariat de la ville de Bassila, une collecte d’informations est en cours actuellement selon le maire Tassou Zakari, pour identifier les têtes de pont de ces réseaux.. Bien que les cerveaux opèrent souvent depuis les pays voisins (Côte d’Ivoire, Ghana), les autorités comptent sur la coopération policière internationale pour engager des poursuites.. Ceci ne doit pas non plus rester dans les seules cordes de la commune de Bassila.. C’est la police

républicaine qui doit prendre en charge ce volet de la question et associer Interpol à la traque des malfaiteurs.. Un appel à la jeunesse Au-delà de la répression, le défi reste celui de l’emploi et de la confiance en l’avenir sur le sol national.. Les autorités locales tentent désormais de réorienter les jeunes vers des canaux de financement et des projets de développement locaux.. Le message doit être désormais martelé dans chaque hameau : le

miroir de l’exil est souvent un piège de verre qui se brise sur la réalité de la précarité.. Pour ceux qui reviennent, meurtris et démunis, le chemin de la reconstruction sera long.. Mais pour ceux qui sont encore au pays, le temps est à la vigilance.. L’Eldorado n’est pas toujours là où on l’imprime.. Et dans ce combat, la stratégie de réinsertion des jeunes du gouvernement doit se déployer dans toutes les communes du Bénin

pour mobiliser la jeunesse autour des enjeux nationaux de développement.. Quant aux jeunes élèves qui s’aventurent, des consignes fermes doivent être données dans les établissements pour des sensibilisations régulières.

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