Haïti : le soutien à la Force de répression des gangs au cœur des demandes du PM

Le premier ministre haïtien appelle l’ONU à soutenir plus vite et plus concrètement le déploiement de la FRG, tout en protégeant les civils.
L’appel du Premier ministre haïtien sonne comme une alarme: il faut un appui « accru, rapide et concret » pour faire avancer le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG).
À New York, Alix Didier Fils-Aimé s’est adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, jugeant l’urgence « absolue » face à une crise sécuritaire qui continue de peser sur le quotidien.. Dans son intervention, il a lié la possibilité de progrès à une amélioration durable de la sécurité, rappelant qu’aucun développement ne tient quand les violences restent dominantes.
Il a toutefois évoqué des signes d’amélioration dans certaines zones de la capitale, progressivement reprises selon lui grâce à l’action combinée des Forces armées d’Haïti, de la Police nationale et de la FRG.. Dans ces quartiers, la reprise de la vie économique et sociale, même timide, serait déjà perceptible.
Ce type de nuance compte: elle montre que des dynamiques existent, mais que leur maintien dépend de la capacité d’intervention et de soutien, notamment sur le terrain.
Le chef du gouvernement insiste sur un déploiement sans délai de la FRG, tout en appelant à des efforts sur le moyen terme afin de stabiliser le pays. Autrement dit, l’enjeu n’est pas seulement d’agir dans l’urgence, mais aussi d’éviter que les gains ne s’effritent.
Du côté des Nations unies, le représentant spécial du Secrétaire général a salué certains progrès liés au processus électoral, tout en soulignant des inquiétudes persistantes concernant l’insécurité. Plusieurs délégations ont, de leur côté, mis l’accent sur la protection des civils.
Dans ce contexte, le rythme de la transition politique et la nécessité de renforcer l’aide humanitaire ont également été abordés.. Les discussions ont fait ressortir un point partagé: les avancées sécuritaires restent fragiles et conditionnent à la fois les élections et le rétablissement de l’autorité de l’État.
Pour beaucoup, la réalité humanitaire rend la réponse plus complexe: quand les violences entraînent des déplacements, la sécurité n’est pas seulement une question militaire, c’est aussi une question de survie et de continuité sociale.
Un large consensus s’est dégagé autour de l’idée de renforcer le soutien à la FRG et aux forces nationales de sécurité. Reste à savoir comment cet appui se traduira concrètement, et avec quelle rapidité, pour que les zones en reprise ne basculent pas à nouveau.
En fin de compte, cet échange au Conseil de sécurité illustre un arbitrage crucial: accélérer l’action sur le terrain tout en installant les conditions d’une stabilisation qui dure, sans quoi l’urgence revient presque aussitôt.