Liberté de la presse au Gabon : l’APIC sonne l’alarme

L’APIC Gabon dénonce des suspensions en ligne, de nouvelles contraintes et des arrestations, appelant à préserver la liberté d’expression.
La liberté de la presse au Gabon se retrouve sous tension, et l’APIC Gabon n’entend pas minimiser le signal.
À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, l’association a réuni à Libreville journalistes, communicants et étudiants pour dresser un bilan critique de la situation de la profession.. Dès l’ouverture, le président Abel Eyeghe Ekoré a posé un cadre clair : une société apaisée passe par une information libre, indépendante et responsable.. Dans ce contexte, la question de la liberté d’informer reste au cœur des préoccupations.
L’APIC cite notamment une décision de la Haute autorité de la communication, datée du 17 février 2026, qui suspend l’ensemble des réseaux sociaux sans délai ni échéancier.. L’association évoque aussi l’ordonnance n°0011/PR/2026, publiée en avril, qui introduit l’identification obligatoire des utilisateurs et étend la responsabilité pénale au simple partage de contenus, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement.
Ce qui inquiète l’APIC, ce n’est pas seulement la régulation en soi, mais la façon dont elle peut, à ses yeux, modifier les conditions d’expression au quotidien.
Dans ses échanges, l’association reconnaît la nécessité de réguler l’espace numérique, tout en estimant que certaines dispositions actuelles méritent d’être revues. L’APIC appelle à assouplir les éléments les plus restrictifs, jugeant qu’ils pourraient porter atteinte à la liberté d’expression.
L’association s’est aussi arrêtée sur une affaire impliquant Harold Leckat, directeur de publication de Gabon Media Time.. Selon Misryoum, il a été interpellé le 15 octobre 2025 à l’aéroport Léon-Mba à son retour d’une formation financée par l’Union européenne, puis placé en détention pendant dix-huit jours.. L’APIC indique que plusieurs juristes y voient un contentieux de nature commerciale.
Cette séquence, au-delà du cas individuel, questionne la frontière entre le traitement d’un dossier et la manière dont il peut peser sur l’exercice du journalisme.
La rencontre a été complétée par deux interventions.. Boursier Tchibinda, vice-président, a insisté sur le retour aux fondamentaux du métier face à la désinformation et aux défis liés à l’intelligence artificielle.. De son côté, le professeur Anaclet Ndong Ngoua a plaidé pour l’adoption de conventions collectives, afin de garantir des conditions de travail et de vie dignes.
Après trois heures de débats nourris, l’APIC affirme vouloir rester attentive aux pressions et aux poursuites, tout en réaffirmant l’urgence de préserver les principes qui fondent la liberté de la presse.
À retenir : quand l’environnement numérique se durcit et que les dossiers judiciaires se multiplient, le climat de confiance entre médias et public en sort fragilisé, d’où l’importance de maintenir un équilibre.