Iboga : face à la ruée mondiale sur l’ibogaïne, BOTF alerte sur un risque stratégique majeur pour le Gabon

L’ONG Blessings Of The Forest (BOTF) alerte sur les enjeux économiques et souverains liés à l’ibogaïne. Alors que l’Occident investit massivement, le Gabon doit protéger son patrimoine biologique et culturel.
Longtemps cantonné aux marges spirituelles et initiatiques du Gabon, l’iboga entre brutalement dans l’arène mondiale des brevets, des laboratoires et des milliards.. Tandis que les États-Unis accélèrent leurs recherches et leurs investissements autour de l’ibogaïne, l’ONG gabonaise BOTF lance une alerte grave : le pays pourrait assister, presque impuissant, à la mondialisation fulgurante d’une richesse biologique et culturelle née sur son propre sol.. Alors que l’Occident accélère brutalement sa conquête scientifique, pharmaceutique et économique autour
de l’ibogaïne, le Gabon commence à mesurer qu’il pourrait perdre le contrôle d’une ressource issue de son propre patrimoine culturel, spirituel et biologique.. Dans un communiqué dense et alarmant publié c11 mai 2026, l’ONG Blessings Of The Forest (BOTF) appelle désormais à une «mobilisation stratégique urgente» afin d’éviter que l’iboga ne devienne demain une richesse mondialisée dont les Gabonais seraient les grands oubliés.. Dans un contexte international marqué par une explosion des investissements autour des
psychédéliques thérapeutiques, BOTF estime que «les évolutions doivent être prises très au sérieux».. L’organisation s’appuie notamment sur la récente annonce de la société américaine Silo Pharma concernant un brevet provisoire lié à l’utilisation de l’ibogaïne dans le traitement des traumatismes crâniens et du stress post-traumatique (PTSD).. Pour l’ONG, cette annonce confirme «une dynamique internationale de forte accélération scientifique, pharmaceutique et économique autour de cette molécule issue de l’iboga».. Les chiffres évoqués donnent la mesure des
enjeux.. BOTF rappelle ainsi que «le seul marché américain des traumatismes crâniens (TBI)» représenterait déjà environ «6 milliards de dollars américains», soit près de 3 600 milliards de francs CFA.. L’organisation souligne également que «les brevets internationaux se multiplient», tandis que «des essais cliniques massifs sont désormais financés aux États-Unis».. Elle cite aussi le cas du Texas, qui aurait engagé «100 millions de dollars» pour accélérer les recherches sur l’ibogaïne.. Entre souveraineté biologique et bataille
géopolitique Au-delà des perspectives médicales, BOTF insiste sur la dimension hautement stratégique du dossier.. Car, rappelle-t-elle, «derrière l’ibogaïne se trouvent l’iboga, les savoirs traditionnels gabonais, les communautés initiatiques ainsi qu’un patrimoine culturel, spirituel et biologique stratégique pour le Gabon».. L’ONG salue les discussions engagées par les autorités gabonaises sur un futur cadre réglementaire, mais juge indispensable d’accélérer plusieurs chantiers prioritaires : «établir un inventaire national de l’iboga», «renforcer la protection des ressources biologiques», «documenter les
connaissances traditionnelles associées» ou encore «développer des mécanismes modernes de protection de la propriété intellectuelle».. BOTF reconnaît toutefois lucidement que le Gabon «ne pourra probablement pas rivaliser à court terme avec les grands laboratoires internationaux sur le marché mondial de l’ibogaïne pharmaceutique standardisée».. La crainte d’une dépossession silencieuse Le véritable enjeu, selon l’organisation, réside donc dans «la protection de sa ressource», «la valorisation durable de sa biodiversité» et «la reconnaissance de ses savoirs traditionnels», notamment
dans le cadre du Protocole de Nagoya.. Le communiqué prend enfin une tonalité plus grave en évoquant «des tentatives de déstabilisation», «des campagnes de diffamation publique» et «des pressions ou menaces directes et indirecte» visant certains acteurs engagés sur ces questions sensibles.. À travers cet appel, BOTF semble vouloir avertir le Gabon d’une réalité désormais incontournable : l’iboga n’est plus seulement une plante sacrée ou médicinale.. Il devient progressivement un enjeu mondial de puissance scientifique,
économique et géopolitique.
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