L’Australie lance un long travail sur les causes de l’attentat de Bondi

L’Australie a ouvert une commission royale sur l’attaque de Bondi. Les premières audiences portent notamment sur l’antisémitisme.
Un voile s’ouvre, mais la recherche des causes reste brûlante: l’Australie a lancé une commission royale fédérale pour faire la lumière sur l’attentat de Bondi.
Créée pour enquêter au plus haut niveau, cette instance répond à la pression née de l’attaque la plus meurtrière en Australie depuis des décennies, survenue le 14 décembre.. Misryoum rapporte que des audiences publiques ont débuté à Sydney et que l’un des fils rouges concerne les facteurs ayant précédé le drame, notamment l’antisémitisme.
Le 14 décembre, un père et son fils ont ouvert le feu pendant une dizaine de minutes sur une foule rassemblée sur Bondi Beach pour célébrer Hanouka. L’un des assaillants, Sajid Akram, a été tué par la police, tandis que son fils, Naveed, est détenu et poursuivi pour des crimes terroristes.
Dans son discours d’ouverture, la présidente de la commission, la juge à la retraite Virginia Bell, a mis en garde contre le risque d’escalade: selon elle, la recrudescence de l’antisémitisme observée en Australie s’inscrit dans un contexte plus large et peut rapidement se transformer en violences visant des Australiens juifs.
Une plaignante, Sheina Gutnick, a décrit une montée de l’antisémitisme à partir de 2023, qu’elle relie au déclenchement de la guerre à Gaza. Elle a aussi évoqué le fait de voir la haine se manifester plus ouvertement, au fil d’une période qu’elle qualifie de “temps de terreur”.
Misryoum souligne que ces témoignages ne cherchent pas seulement à dresser un constat, mais à relier des signaux parfois perçus comme distincts: climat de haine, incidents locaux et basculement vers la violence.
Au cours des premières semaines d’auditions, la commission dit avoir recueilli des récits nombreux.. Une avocate impliquée dans les travaux a notamment évoqué des chants antisémites lors d’une manifestation contre la guerre à Gaza près de l’opéra de Sydney en octobre 2023, quelques semaines après l’attaque du 7 octobre.
D’autres intervenants ont parlé d’incidents et de menaces visant la communauté juive, avec, selon les récits entendus, une succession d’actes visant synagogues et commerces dans des villes comme Sydney et Melbourne.. Misryoum rappelle que la compréhension de ces dynamiques est au cœur des questions de sécurité que la commission devra ensuite aborder.
Après deux semaines consacrées à l’antisémitisme, de nouvelles séries d’audiences sont prévues sur d’autres volets, dont la sécurité.. La phase actuelle fait suite à la publication d’un rapport préliminaire recommandant une refonte des unités de lutte contre le terrorisme et un renforcement des dispositifs lors des célébrations juives.
Enfin, l’enquête s’inscrit dans un moment politique plus large: après le drame, le Parlement a durci en janvier sa législation concernant les crimes motivés par la haine et les armes à feu.. Misryoum souligne que l’objectif affiché est de transformer les leçons tirées des auditions en décisions concrètes, afin d’éviter que la haine ne crée, une nouvelle fois, les conditions du pire.