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Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée en appel

Misryoum annonce la reprise des débats en appel pour le double assassinat de l’aéroport Bastia-Poretta, sur fond de guerre entre clans corses.

Un nouvel épisode judiciaire s’ouvre autour du double assassinat de Bastia-Poretta.

Dès ce lundi et jusqu’au vendredi 3 juillet, les débats sont relancés devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône, dans le cadre d’un appel interjeté après une première instance marquée par une issue peu commune.

Ils seront onze accusés à comparaître en appel, dont neuf détenus, là où quinze étaient concernés lors du procès précédent. Misryoum souligne que cette nouvelle étape ramène à la barre des personnes déjà jugées, pour une réévaluation attendue du fond.

On se souvient que le 5 décembre 2017, deux figures du grand banditisme corse, Jean-Luc Codacciono et Antoine Quilichini, dit « Tony le Boucher », ont été visées sur le parking de l’aéroport Bastia Poretta.. Les tirs s’inscrivaient dans un contexte présenté comme celui d’une « guerre entre clans rivaux ».

À l’issue des assassinats, le premier décède de ses blessures quelques jours plus tard, tandis que le second meurt sur le coup. L’affaire s’articule aussi autour d’une vendetta visant à venger des fondateurs d’un gang connu sous le nom de « Brise de Mer ».

Ce qui revient au cœur des débats, au-delà des faits, c’est la façon dont les responsabilités individuelles seront appréciées une seconde fois. En appel, la nature des questions posées peut faire bouger les contours de ce qui avait été retenu ou écarté.

Misryoum rappelle qu’en première instance, un ensemble de peines avait été prononcé allant de longues condamnations à des acquittements.. Parmi les décisions évoquées, Christophe Guazzelli, présenté comme le principal meneur du projet, avait écopé de trente ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de vingt ans.

Son frère, Richard Guazzelli, avait pour sa part été condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de seize ans, tandis que d’autres accusés avaient été reconnus coupables ou, à l’inverse, acquittés.

L’appel intervient également après un procès décrit comme chaotique en première instance, arrivé à son terme sans que personne ne se trouve physiquement dans le box. Dans ce dossier, l’histoire a aussi inspiré un film, « Borgo », sorti en 2023.

Au fond, la rejugement en appel ne fait pas que reprendre un dossier déjà jugé: il traduit la volonté de vérifier chaque étape du raisonnement judiciaire. Pour les familles comme pour la justice, c’est souvent là que se joue la perception finale de ce que l’on a réellement voulu et compris.