Crise économique en Nouvelle-Calédonie : Xavier Benoist parle d’un « bord de l’effondrement »

Xavier Benoist, de la FEINC, alerte sur l’absence d’activité et réclame des mesures urgentes pour relancer l’économie avant les élections provinciales.
Le « bord de l’effondrement » n’est plus une image pour Xavier Benoist : c’est, selon lui, la réalité que traverse l’économie de Nouvelle-Calédonie.
Dans un entretien diffusé par Misryoum, le président de la Fédération des entreprises et industries de Nouvelle-Calédonie explique que la crise dépasse désormais le seul sujet du financement.. « On n’a plus d’activité.. Il n’y a plus de consommation », résume-t-il, décrivant un système qui se met « à l’arrêt ».. Pour Misryoum, le point central reste la visibilité : sans réponse claire sur l’avenir du territoire, les entrepreneurs hésitent à investir.
Au-delà des chiffres, cette attente pèse sur la capacité de décision des entreprises, et donc sur l’emploi et les investissements à venir.
Xavier Benoist estime que le « pacte de refondation » porté par l’État ne suffira pas à relancer durablement l’économie calédonienne.. Il reconnaît l’existence d’un programme d’investissements sur plusieurs années, mais insiste sur une condition : la relance dépendrait d’un cadre jugé plus lisible.. « Tant qu’on n’aura pas répondu à cette question-là, on aura du mal à relancer », affirme-t-il, avant de souligner que les organisations patronales et consulaires portent ce diagnostic.
Face à l’enlisement de la crise, Misryoum rapporte que la FEINC met en avant cinq mesures considérées comme prioritaires avant les élections provinciales.. Parmi elles figure une suspension des charges patronales du RUAMM pour deux ans, complétée par une exonération partielle de charges salariales.. Les chefs d’entreprise demandent aussi la prolongation d’un dispositif d’aide au maintien dans l’emploi jusqu’à mi-2028, ainsi que l’exonération de la patente sur la même durée.
Cette séquence électorale agit comme un calendrier de survie : l’objectif affiché est de limiter la dégradation économique avant qu’elle ne devienne structurelle.
L’autre demande vise le « surcoût lié aux prêts Sogefom », avec l’idée que l’État en prenne en charge la charge associée, notamment dans le cadre des garanties qu’il accorde lors de restructurations.. Sur le rythme des actions publiques, le président de la FEINC juge que la mission interministérielle peine à avancer, en nuançant la portée d’une « aide massive » au regard de la situation décrite.
Dans cette logique, Misryoum indique que Xavier Benoist propose de réorienter des enveloppes prévues pour financer directement les cinq mesures défendues par les organisations patronales.. L’enjeu, selon lui, est de passer d’un dispositif général à des réponses ciblées, à la hauteur des tensions qui touchent les entreprises.
Enfin, au-delà de l’urgence, le président de la FEINC aborde les leviers de relance.. Il cite la relance d’une ligne de fret maritime avec le Vanuatu comme une piste pour diversifier les exportations, tout en rappelant que cela ne « sauvera » pas la Nouvelle-Calédonie à très court terme.. Il appelle également à relancer les transports maritimes et aériens pour soutenir l’économie des îles Loyauté, et défend le développement de la production agricole afin d’alimenter l’industrie de transformation agroalimentaire.
Pour Misryoum, la conclusion de Xavier Benoist pointe une réforme plus profonde : les provinces, compétentes en développement économique, représenteraient aussi un frein, selon lui.. Il évoque une « strate de trop » dans l’organisation institutionnelle, estimant que le modèle devrait être repensé, faute de quoi la relance continuerait de reposer sur des subventions ou des prêts de l’État.
Au fond, l’alerte formulée par Misryoum ressemble à un appel à la clarté et à l’efficacité, pour éviter que l’économie ne s’enfonce pendant que les décisions tardent.