Au Mali, le GSIM appelle à faire tomber la junte et prône une transition inclusive

Au Mali, le GSIM appelle à un front commun pour renverser la junte et annonce une « transition pacifique et inclusive ».
Au Mali, les rebelles djihadistes ne se contentent pas de frapper sur le terrain: ils tentent aussi de peser sur la scène politique.
Dans une déclaration diffusée jeudi, le GSIM appelle les « patriotes sincères » à se lever et à s’unir, sans distinction, pour renverser les militaires au pouvoir.. Le groupe y décrit une « transition pacifique et inclusive » vers un « nouveau Mali », dont une priorité annoncée serait l’établissement de la charia.
Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte de violences récentes et de tension accrue dans plusieurs zones du pays, au moment où les positions des autorités sont déjà fragilisées.. Le GSIM dit chercher une convergence plus large, allant au-delà des combattants, en mentionnant aussi les partis politiques, les autorités religieuses, les chefs traditionnels et d’autres composantes de la société malienne.
À ce stade, l’enjeu dépasse le seul affrontement: la capacité du discours à rallier, diviser ou démoraliser compte autant que la force militaire sur le terrain.
La communication du GSIM intervient alors que des attaques coordonnées ont eu lieu contre des positions jugées stratégiques, impliquant aussi des rebelles du Front de libération de l’Azawad.. Ces actions, menées dans différentes villes, dont la capitale et des localités du nord et du centre, renforcent l’impression d’une pression multi-fronts.
Dans le même temps, Misryoum indique que des événements ont marqué Bamako, notamment autour de la mort du ministre de la défense Sadio Camara, tué à Kati. Un hommage national lui a été rendu en présence du chef de la junte, avant son inhumation, sous très haute sécurité, selon le déroulé rapporté.
Cette séquence crée un double choc: celui de la perte d’un responsable clé, et celui d’un moment où l’autorité tente de maintenir sa stabilité face à des offensives et des contestations.
La junte se retrouve ainsi confrontée à une situation sécuritaire jugée délicate, tandis que la controverse autour de la maîtrise de la situation reste vive.. Les annonces et les contre-affirmations des différents acteurs traduisent surtout une dynamique où personne ne contrôle totalement le récit, ni le terrain.
Par ailleurs, Misryoum relève que des éléments liés à la coopération extérieure et aux partenariats continuent de peser dans les rapports de force. Moscou rejette l’appel au retrait de ses forces, tandis que les rebelles poursuivent leur offensive politique et militaire.
Au final, l’appel à une « transition » formulé par le GSIM pose une question essentielle: quand la sécurité se dégrade et que les positions se contredisent, le langage devient un outil de mobilisation autant qu’une stratégie de rupture.