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1er Mai : la position nuancée de la CGT sur les ouvertures

Le débat revient chaque année, presque comme une horloge. À l’approche du 1er mai, la question de savoir qui doit travailler ou non agite les sphères syndicales et politiques. Cette fois, c’est la leader de la CGT, Sophie Binet, qui a mis les pieds dans le plat. Dans un échange récent rapporté par Misryoum, elle a marqué une frontière claire : d’un côté, le pain frais du matin, et de l’autre, les fleurs. “Nous reconnaissons qu’il est utile d’avoir des boulangeries ouvertes le 1er mai”, concède-t-elle, sans trop d’hésitation.

Mais attention, ne mélangeons pas tout. Pour les fleuristes, le discours est radicalement différent. J’imagine très bien la scène lors de l’entretien, avec ce léger agacement dans la voix quand elle évoque la symbolique de la journée. Pour elle, la vie économique peut très bien tourner sans chrysanthèmes ou bouquets de fête ce jour-là. C’est, selon son analyse, une question d’ordre public, ou plutôt d’absence de besoin impérieux justifiant de faire travailler des salariés. Il n’y a pas péril en la demeure si les étals restent clos, enfin, c’est ce qu’elle suggère.

Derrière ce positionnement se cache une opposition frontale à une proposition portée par Gabriel Attal. Ce texte, qui visait à ouvrir grand les vannes pour la grande distribution, l’industrie ou la culture, est qualifié par la syndicaliste de “catastrophe”. Rien que ça. Il faut dire que le projet a fait hurler à gauche, et même si le gouvernement a décidé de mettre le sujet sous le tapis — ou de le repousser, ce qui revient souvent au même en politique — la cicatrice est là.

On sent bien que le sujet est sensible, presque électrique. Sébastien Lecornu a bien promis une solution pour les artisans boulangers devant le Sénat, mais sans vraiment entrer dans les détails, ce qui laisse une porte ouverte, peut-être, ou pas. On attend des précisions pour demain, vers 14h, après la rencontre avec les représentants du secteur. Est-ce qu’on aura une réponse claire ? Franchement, avec ce genre de dossier, c’est rarement tranché net.

Il y a aussi cette impression que le travail du 1er mai est devenu un curseur idéologique. Entre la volonté de certains de libérer le commerce et la résistance syndicale qui voit en chaque ouverture une brèche dans le droit du travail, le dialogue semble parfois stérile. D’un côté, une nécessité pragmatique pour le client qui veut sa baguette chaude, de l’autre, un principe qui ne doit pas s’éroder.

Bref, on en saura plus d’ici quelques heures.

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