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CENI : vers une refonte totale des listes électorales

Le gouvernement malgache lance, via la CENI, une refonte complète des listes électorales et du registre national, avec un calendrier jusqu’en avril 2027.

Tout bouge dans les inscriptions électorales : à Madagascar, la CENI s’engage dans une refonte totale des listes électorales, avec un cadre désormais encadré par un décret publié en avril 2026.

Adopté pour moderniser et fiabiliser le processus, le texte encadre aussi le Registre électoral national. Il s’inscrit dans la « Refondation de la République » et vise, selon les dispositions du décret, à renforcer la transparence et la crédibilité des scrutins.

Concrètement, l’opération repose sur quatre étapes : le recensement des électeurs, l’arrêtage provisoire des listes, la gestion des réclamations, puis l’arrêtage définitif avec l’établissement du registre national.. Le calendrier annoncé prévoit que l’ensemble du dispositif s’achève au plus tard le 25 avril 2027.

Côté terrain, la première phase est confiée à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), qui s’appuie sur des commissions locales de recensement des électeurs (CLRE) installées dans chaque Fokontany.. L’objectif est d’identifier les citoyens remplissant les conditions légales pour voter, notamment l’âge d’au moins 18 ans et la détention d’une carte nationale d’identité.

Les modalités de recensement combinent deux voies principales : des visites de ménage, avec collecte d’informations par des agents habilités, et une inscription directe auprès des Fokontany.. Le décret prévoit également une possibilité d’inscription en personne ou via une plateforme numérique, avec collecte préalable des données en ligne et téléchargement de pièces justificatives.

À ce stade, le point sensible est la prévention des inscriptions multiples.. Le dispositif prévoit l’utilisation de critères pour détecter d’éventuels doublons, comme des similitudes de noms, de dates de naissance ou de numéros d’identification, avec, en cas de conflit, une annulation automatique des inscriptions précédentes.

Au fil des opérations, des audits peuvent être menés pour évaluer la qualité des listes et la fiabilité du traitement informatique.. Les recommandations issues de ces contrôles doivent être rendues publiques, un élément présenté comme un levier de transparence.. Ensuite, après corrections et vérifications, les listes électorales font l’objet d’un arrêtage définitif.

Le registre national ainsi établi doit devenir la référence pour les consultations électorales à venir, jusqu’à l’adoption d’un nouveau cadre juridique.. Le décret prévoit aussi l’implication d’observateurs issus de partis politiques, d’organisations de la société civile et d’ONG, tout en précisant que leur absence ne doit pas bloquer le déroulement des opérations.

À quoi cela sert, au-delà de la procédure ? Une refonte des listes électorales, surtout avec une composante numérique et des contrôles, peut changer la perception du scrutin : lorsque la fiabilité et les recours sont mieux cadrés, la confiance a plus de chances de suivre.

En fin de compte, Misryoum retient que la CENI porte une réforme ambitieuse, avec un calendrier précis et des mécanismes de correction. L’enjeu est désormais de tenir la trajectoire fixée et de faire vivre, étape après étape, un processus compréhensible pour les citoyens.