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Services déconcentrés : attention aux fautes de gestion !

À Douala, un atelier réunit ordonnateurs, gestionnaires et comptables pour renforcer la chaîne d’exécution du budget et prévenir irrégularités, préjudice et responsabilité pour faute de gestion.

Douala a accueilli un atelier centré sur les erreurs qui peuvent fragiliser la dépense publique. Pendant deux jours, responsables des services déconcentrés ont été mobilisés sur la bonne gouvernance budgétaire.

L’événement, lancé le 22 avril 2026, s’inscrit dans une logique d’appui et de mise à niveau des acteurs qui interviennent à chaque étape de l’exécution du budget au niveau régional.. Les travaux se poursuivent jusqu’au 24 avril.. À l’ouverture, le ministre en charge du Contrôle supérieur de l’Etat, Rose Mbah Acha Fomundam, a rappelé que les notions d’irrégularité, de faute de gestion, de préjudice et de responsabilité pour faute de gestion constituent le cœur des échanges.

Concrètement, l’atelier s’adresse à ceux qui portent la responsabilité administrative sur le terrain : ordonnateurs, gestionnaires et comptables des crédits publics.. Des délégués régionaux de quatre régions ont fait le déplacement, avec aussi la présence du gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua.. Le message est clair : la maîtrise des règles ne relève pas d’un exercice théorique, mais d’une discipline quotidienne dans la manière de programmer, d’engager, de liquider et de payer la dépense.

Pourquoi ces “fautes de gestion” reviennent au centre du débat

Dans les services déconcentrés, les risques de dérive ne naissent pas toujours d’une intention.. Ils peuvent se loger dans des procédures mal comprises, des contrôles incomplets ou des dossiers qui avancent trop vite.. C’est précisément là que la notion de responsabilité prend tout son sens : une irrégularité n’est pas seulement une anomalie administrative, elle peut aussi produire un préjudice et entraîner des conséquences pour les personnes impliquées dans la chaîne d’exécution.

Le vocabulaire utilisé par le ministère n’est pas neutre.. En insistant sur “préjudice” et “responsabilité pour faute de gestion”, l’atelier rappelle que la gestion des fonds publics engage aussi bien la légalité que l’efficacité.. Une dépense payée dans de mauvaises conditions peut laisser l’administration avec des obligations à régulariser, et réduire l’impact attendu au profit des bénéficiaires.

Renforcer la chaîne du budget, du papier au terrain

L’approche mise en avant par Misryoum autour de cet atelier est celle d’une consolidation progressive des pratiques.. Les missions réglementaires d’appui pédagogique du Consupe visent à aider les acteurs à mieux interpréter les textes et à appliquer les procédures dans leurs contextes réels.. Quand la chaîne est comprise, chaque maillon sait ce qu’il doit vérifier et à quel moment.

Un atelier de ce type agit aussi comme un moment de clarification collective.. Il permet de comparer des pratiques entre régions, d’identifier où se produisent le plus souvent les erreurs et d’aligner les réflexes.. Pour les gestionnaires, cela peut signifier des améliorations concrètes dans la constitution des dossiers, la traçabilité des opérations ou le respect des étapes avant engagement et paiement.

Sur le plan politique, le ministre a relié ces thèmes à la trajectoire nationale.. Le Cameroun, a-t-elle indiqué, avance vers l’émergence à l’horizon 2035, avec le renforcement de la gouvernance financière comme pilier.. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND 30) évoque une gestion rigoureuse, transparente et efficiente des ressources publiques.

Ce que change la prévention : confiance, efficacité et discipline

L’enjeu dépasse la conformité.. Pour Misryoum, la prévention des fautes de gestion renforce aussi la confiance dans l’action publique.. Quand les procédures sont mieux maîtrisées, les décisions sont plus solides, les paiements sont mieux sécurisés et les retards deviennent moins fréquents.. Autrement dit, la rigueur n’est pas une contrainte abstraite : elle protège la dépense et améliore la capacité de l’administration à livrer.

Il y a aussi une dimension humaine.. Dans les services déconcentrés, les agents doivent arbitrer entre des urgences de terrain et le respect des règles.. L’atelier arrive comme un appui pour réduire l’incertitude : savoir où sont les zones sensibles et comment éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’énergie, parfois même de la crédibilité.

Enfin, Misryoum voit dans cette démarche une tendance de fond : l’administration cherche à passer d’une logique strictement “contrôler après coup” à une logique “corriger en amont”.. Cette évolution est souvent déterminante dans la qualité de la dépense publique.. Elle place la formation et l’accompagnement au même niveau que la réglementation.

Avec l’appui stratégique mis en avant, notamment via le Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques, l’objectif est de consolider durablement les pratiques.. Les travaux doivent se traduire par des réflexes renforcés dans les services, et par une meilleure capacité des acteurs régionaux à gérer avec rigueur chaque franc du contribuable.. En clair : moins d’erreurs, moins de préjudices, et une administration plus efficace, au plus près des réalités locales.