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Procès Barça : Neymar et deux ex-présidents acquittés, la justice espagnole tranche

La Cour suprême espagnole confirme l’acquittement de Neymar, Sandro Rosell et Josep Maria Bartomeu dans l’affaire du transfert depuis Santos. Une page pénale se tourne, mais l’impact sur le Barça reste.

La Cour suprême espagnole a confirmé mercredi 22 avril l’acquittement de Neymar et de deux anciens présidents du FC Barcelone, Sandro Rosell et Josep Maria Bartomeu. Une décision qui clôt le volet pénal d’une affaire restée très présente dans le débat public, au-delà du football.

Le jugement concerne des poursuites pour « corruption entre particuliers » et fraude, liées au transfert du joueur brésilien depuis Santos FC en 2013.. Après un recours, la juridiction a validé la décision rendue en décembre 2022 par la cour d’appel de Barcelone, laquelle n’avait relevé aucune infraction pénale.

Dans son arrêt, la Cour suprême évoque notamment « l’incohérence de l’accusation » portée par la société brésilienne DIS, à l’origine de la procédure.. En clair, les juges ont estimé que la construction de la plainte ne tenait pas face aux éléments examinés, et qu’il n’y avait pas de base suffisante pour retenir une responsabilité pénale.

Pour comprendre l’ampleur du dossier, il faut remonter à la manière dont le litige s’est formé.. Le point de départ remonte à 2015 : le fonds d’investissement DIS, alors détenteur de 40 % des droits économiques de Neymar à Santos, accusait le FC Barcelone et l’entourage du joueur d’avoir dissimulé le coût réel de l’opération.. L’entreprise contestait notamment un accord d’exclusivité signé en 2011, estimant que cet arrangement aurait faussé le marché des transferts et réduit sa part financière.

Lors du procès tenu en 2022, le parquet espagnol a fini par retirer ses accusations contre l’ensemble des prévenus.. À l’origine, des peines de prison et des amendes avaient été réclamées, mais l’issue a basculé : les juges ont alors conclu à l’absence de préjudice démontré pour les plaignants.. Autrement dit, même si l’affaire avait nourri des soupçons, les éléments présentés n’ont pas suffi à établir une atteinte pénale vérifiable.

Sur le plan sportif, l’annonce peut donner l’impression qu’un épisode s’achève.. Sur le terrain, le football vit pourtant aussi dans l’ombre de ses dossiers extra-sportifs, et le FC Barcelone l’a appris de façon répétée ces dernières années.. Car même quand le pénal se referme, le reste ne s’efface pas forcément.

C’est précisément le cas ici.. La procédure a laissé des traces durables au sein du club.. Sandro Rosell avait d’ailleurs démissionné dès 2014, alors que l’enquête était ouverte.. À l’intérieur de la gouvernance, le séisme a accéléré des changements et renforcé l’attention portée aux pratiques internes.

Le club a aussi été concerné par des conséquences financières.. D’après la justice espagnole, des irrégularités fiscales liées à l’opération ont été reconnues, et le FC Barcelone a accepté de verser une amende de plus de 5,5 millions d’euros au Trésor public.. Cette dimension fiscale a nourri les critiques sur la transparence de la gestion, en particulier autour de l’écart entre le montant initialement annoncé du transfert et son coût réel.

Au-delà des chiffres, il y a un enjeu de confiance.. Pour une institution comme le FC Barcelone, associée pendant longtemps à un modèle de gouvernance présenté comme « vertueux », ce type d’affaires finit par abîmer l’image, même quand les responsabilités pénales ne sont finalement pas retenues.. Et, pendant des années, la pression judiciaire a pesé sur ses dirigeants, avec des contentieux qui se sont prolongés en Espagne et au Brésil.

La décision de la Cour suprême met donc fin à près d’une décennie de procédures pénales, sans ouvrir de nouvelle voie sur ce terrain en Espagne.. Mais le dossier illustre surtout une réalité : dans les affaires de transferts, les impacts peuvent s’étendre bien au-delà du tribunal pénal, jusque dans la gouvernance, la fiscalité et la perception publique.. Pour Misryoum, l’enseignement est simple : quand l’argent et la réputation se croisent, le droit peut clore un chapitre, tout en laissant derrière lui des questions qui continuent de peser.