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Police M’Yaka à Ouahigouya : lutte contre la criminalité urbaine lancée

À Ouahigouya, la “Police M’Yaka” a été lancée pour rapprocher la police des citoyens, prévenir la délinquance et renforcer la confiance dans les quartiers.

Le gouverneur de la région de Yaadga a lancé à Ouahigouya la “Police M’Yaka”, une police de proximité pensée pour répondre aux défis sécuritaires en ville.

Le jeudi 23 avril 2026, Thomas Yampa a officiellement mis en route les activités de cette unité communautaire, en présence des forces vives ainsi que des forces de défense et de sécurité.. La “Police M’Yaka” s’inscrit au sein de la police nationale du Burkina Faso et s’affirme comme une réponse adaptée aux réalités des centres urbains, où la délinquance et certains comportements d’incivilité pèsent sur le quotidien.

L’objectif annoncé est clair : se rapprocher de la population et traiter la criminalité urbaine avec une approche participative.. Concrètement, la démarche mise sur le dialogue permanent entre la police et les communautés, afin d’identifier les préoccupations sécuritaires propres à chaque quartier.. Les autorités évoquent aussi des campagnes de sensibilisation, calées sur les réalités locales, pour encourager la coproduction de la sécurité.

Lors de la cérémonie, le directeur régional de la police nationale du Yaadga, le Commissaire Kito Yaya Soulama, a détaillé le cap fixé par la “Police M’Yaka”.. Il a insisté sur la proximité, la confiance et la collaboration, en liant le dispositif à une amélioration de la perception de la police nationale.. Dans son message, il a également mis en avant la réduction des actes d’incivilité et de la délinquance mineure, en rappelant que la réussite dépendra de la compréhension des missions par les populations et de la collaboration sur le terrain.

Au-delà des discours, l’enjeu touche directement la vie des habitants : quand la sécurité se discute au niveau des quartiers, les problèmes remontent plus vite et les réponses peuvent être plus ciblées.. Dans une ville, l’inquiétude naît souvent de l’impression que “personne ne voit” ou que les plaintes restent sans suite.. La logique de la “Police M’Yaka” cherche justement à rompre ce sentiment, en installant une présence plus régulière et une relation moins distante.

Une police pensée pour les quartiers

Le mode de fonctionnement présenté à Ouahigouya repose sur trois axes mis en avant pendant la rencontre : la sensibilisation des populations, la collecte de renseignements de proximité et la prévention des actions de perturbation de l’ordre public.. Le Commissaire Soulama a voulu rassurer, avec une image parlante de la présence de la police : “quand la Police ‘M’Yaka’ se présente dans vos familles, n’ayez pas peur”.. L’idée n’est pas seulement de patrouiller, mais de parler, d’écouter et d’agir avec les citoyens.

Cette dimension “de proximité” n’est pas un détail sémantique.. Dans les faits, elle vise à renforcer le maillage sécuritaire tout en améliorant les relations entre les forces de l’ordre et les communautés.. Un dispositif de ce type peut aussi réduire la méfiance : quand les habitants comprennent ce qui est attendu d’eux et ce que la police fait réellement, la coopération devient plus naturelle.

Président de la cérémonie, le gouverneur Thomas Yampa a salué une initiative jugée innovante et adaptée au contexte sécuritaire actuel.. Il a présenté la “Police M’Yaka” comme un levier pour restaurer la confiance et renforcer la cohésion sociale, afin de mieux sécuriser les biens et les personnes.. Son appel à l’adhésion a résonné comme une invitation à mobiliser toutes les composantes de la région de Yaadga, dès le lancement à Ouahigouya.

Sensibiliser, écouter, prévenir : les missions

Le gouverneur a rappelé que les missions de la “Police M’Yaka” ont été expliquées à l’assistance.. Dans les explications, la police de proximité est aussi décrite comme un cadre de responsabilisation citoyenne : les populations sont appelées à la vigilance, à la collaboration et à l’engagement.. Cette approche repose sur l’idée que la sécurité est une responsabilité partagée et qu’aucun dispositif ne peut être pleinement efficace sans le concours de ceux qui vivent les difficultés au quotidien.

Dans cette logique, la police communautaire devrait agir dans des lieux variés : quartiers, marchés, établissements scolaires et espaces de regroupement.. L’objectif est d’installer des repères, de transmettre de “bons réflexes” et de recueillir les préoccupations.. Le Commissaire Soulama a insisté sur la tranquillité attendue pour les citoyens : la police vient pour s’entretenir, rassurer et prévenir, plutôt que pour provoquer la peur.

À mesure que la “Police M’Yaka” démarre à Ouahigouya, la question clé sera la capacité à tenir la promesse de proximité dans le temps.. Les citoyens doivent sentir une présence utile et régulière, et la police doit pouvoir transformer les informations recueillies en actions concrètes.. Si la confiance progresse, le dispositif pourrait aussi devenir un modèle de dynamique nationale de sécurisation des biens et des personnes dans la région de Yaadga.

Pour les autorités, le lancement marque le début d’une nouvelle dynamique au service des populations.. En mettant l’accent sur le dialogue, la prévention et la coproduction de la sécurité, Misryoum suit avec attention la mise en œuvre de cette initiative, dont la portée dépendra autant des moyens engagés que de l’adhésion réelle sur le terrain.