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Pêche et aquaculture : cap sur l’Ogooué-Maritime

Le ministre des Pêches entame une mission cruciale dans l'Ogooué-Maritime pour inspecter les infrastructures halieutiques et booster les partenariats public-privé.

La province de l’Ogooué-Maritime devient, jusqu’au 26 avril, le théâtre d’une mission stratégique dédiée au développement de la pêche et de l’aquaculture, plaçant l’économie bleue au cœur des priorités gouvernementales.

Le programme, particulièrement dense, débute par une immersion au sein de la Direction provinciale des pêches et de l’aquaculture à Port-Gentil.. Ce premier temps d’échange avec les équipes locales vise à identifier les freins structurels et à définir les axes prioritaires pour dynamiser la filière.. Par la suite, le ministre se penchera sur les réalités opérationnelles du terrain lors du débarquement des navires de l’armement ASTIPECHE.. Cette séquence est décisive : elle permettra de dresser un état des lieux précis des capacités logistiques de stockage tout en évaluant concrètement le potentiel de la Zone Économique Exclusive (ZEE) gabonaise en matière de crustacés de fond, à la suite d’une campagne exploratoire menée par un partenaire marocain.

Un virage vers l'aquaculture durable

La délégation mettra ensuite le cap sur Omboué le samedi 25 avril.. L’inspection des installations du projet aquacole porté par la Fondation Perenco, baptisé “Terre et Eau”, constitue le point d’orgue de cette seconde étape.. Au-delà d’une simple visite protocolaire, cet examen porte une ambition plus vaste : celle de structurer durablement l’élevage de poissons dans la région.. En passant au crible les services de la brigade de pêche et le centre local, la mission entend jeter les bases d’un modèle reproductible à plus grande échelle, garantissant une meilleure sécurité alimentaire et une valorisation des ressources halieutiques locales.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté manifeste de renforcer les partenariats public-privé (PPP).. Dans un contexte économique où la diversification est devenue un impératif, le secteur halieutique représente un levier de croissance sous-exploité.. En dialoguant directement avec les opérateurs, Misryoum observe que le gouvernement cherche moins à diriger qu’à faciliter l’émergence d’un écosystème où les investissements privés rencontrent une gestion publique rigoureuse.. C’est une étape logique après les visites effectuées en mars dans l’Estuaire et le Moyen-Ogooué, consolidant ainsi une vision nationale cohérente portée par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Pourquoi ces déplacements comptent-ils vraiment ?

Le succès de ces missions ne se mesure pas seulement en tonnes de poissons débarquées.. Il réside dans la capacité du pays à transformer ses infrastructures parfois vieillissantes en outils de production compétitifs.. La rencontre avec les acteurs de terrain permet de briser l’isolement administratif des provinces et de confronter les décisions politiques à la réalité du quotidien des pêcheurs.. À terme, cette structuration pourrait permettre de réduire significativement la dépendance aux importations et d’offrir des perspectives d’emplois durables aux jeunes Gabonais désireux de s’orienter vers les métiers de la mer et de l’eau.