Le Niger suspend neuf médias français sur son territoire

Le Niger a ordonné la suspension immédiate de neuf médias français, les accusant de menacer la stabilité et la cohésion sociale du pays.
L’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger a prononcé vendredi 9 mai 2026 la suspension immédiate de neuf médias français sur l’ensemble du territoire national.. La mesure, lue à la télévision publique Télé-Sahel, vise France 24, RFI, l’AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Media et LSI Africa, accusés de diffuser des contenus « susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des
institutions de la République ».. La suspension couvre l’ensemble des canaux de diffusion : bouquets satellitaires, réseaux câblés, plateformes numériques, sites internet et applications mobiles.. Aucun délai ni procédure d’appel n’a été mentionné dans le communiqué de l’ONC.. La suspension de médias étrangers, une pratique partagée La France a elle-même procédé à des suspensions de médias étrangers, notamment à l’égard de plusieurs chaînes russes après 2022, invoquant des motifs de désinformation et d’atteinte à l’ordre
public.. D’autres pays occidentaux ont adopté des mesures similaires à l’égard de médias jugés contraires à leurs intérêts ou à leur législation.. Au Burkina Faso, le Conseil supérieur de la communication (CSC) interdisait le 5 mai 2026 la diffusion de TV5 Monde, invoquant des « manquements graves et répétés » dans le traitement de l’actualité sécuritaire, après les attaques du 25 avril 2026 au Mali.. Au Niger, RFI et France 24 avaient déjà été suspendues
après le changement de pouvoir de juillet 2023, la BBC en décembre 2024.. Un contexte de rupture diplomatique avec Paris Les autorités nigériennes ont obtenu le retrait des forces militaires françaises présentes sur leur sol et ont diversifié leurs partenariats internationaux.. L’annonce de ces suspensions intervient à quelques jours d’un sommet entre Paris et plusieurs pays africains, sans que l’ONC n’établisse de lien explicite entre les deux événements.. Aucune date de levée des suspensions n’a
été communiquée par les autorités nigériennes.