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NIÈVRE : Les élus du RN au cœur de l’industrie, des mobilités et du patrimoine

À Clamecy, Julien Odoul et des élus RN dénoncent le délabrement ferroviaire et mettent en avant l’industrie et le patrimoine. L’enjeu : un service public plus solide pour la Nièvre.

NIÈVRE : Les élus du Rassemblement national se sont retrouvés à Clamecy pour aborder trois sujets qui se touchent : l’industrie locale, les mobilités et la valorisation du patrimoine.

Le déplacement mené par Julien Odoul, président du groupe RN au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, s’est tenu jeudi 23 avril, aux côtés de nouveaux élus municipaux du RN à Clamecy.. Le programme mêlait visites de terrain et prises de parole à destination du public, comme pour poser un cadre : dans une région où les infrastructures structurantes semblent souvent trop lentes à se moderniser, l’opposition veut faire entendre un message clair.

La matinée a commencé par la visite de MK Composites, une entreprise de Dornecy spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour l’industrie aéronautique, notamment pour des acteurs comme Dassault et Airbus Helicopter.. Les élus ont insisté sur l’idée que défendre l’industrie française, c’est aussi défendre les emplois et la vitalité économique de territoires précis.. Au-delà des discours, le choix d’une visite en usine donne un angle concret : quand une politique régionale ou nationale manque de cohérence, ce sont aussi des chaînes de production, des savoir-faire et des investissements locaux qui peuvent être fragilisés.

Le moment fort de la journée s’est ensuite déplacé en gare de Clamecy.. Sur place, les élus RN ont dénoncé l’abandon au quotidien des usagers du nord de la Nièvre, estimant que la ligne fait l’objet d’un délabrement avancé, en particulier sur la portion Clamecy–Corbigny.. Leur critique vise le fonctionnement du service et son niveau de qualité, avec un vocabulaire centré sur les effets ressentis : retards, suppressions, et difficultés concrètes pour les voyageurs.

Un ancien cheminot, Pascal Blaise, s’est fait l’écho de ces constats.. Il évoque des situations où, sur certaines portions, on roulerait moins vite que sur la route, et reproche au fonctionnement actuel des “dérives” et des “mensonges” de la majorité régionale.. L’accent est mis sur des éléments du quotidien qui comptent pour les habitants : guichets fermés, manque de personnel en gare pour accompagner les usagers, et une organisation jugée insuffisante pour une ligne pourtant essentielle pour la mobilité au sein du département.

Ce type de mobilisation en gare n’est pas seulement symbolique.. Dans les territoires où l’offre ferroviaire structure les déplacements travail-études et l’accès aux services, la dégradation du service devient vite une réalité sociale : elle pèse sur la régularité, sur le coût indirect des trajets et sur la confiance envers un mode de transport pourtant “prévu” pour rendre les trajets plus accessibles.. Les élus RN, en avançant l’idée d’un service qui se dégrade et d’usagers qui paient plus cher, cherchent aussi à installer une lecture politique : pour eux, les choix de la majorité auraient des conséquences mesurables.

La critique de l’opposition s’appuie également sur une logique de responsabilité.. Julien Odoul a rappelé que la gauche dirigerait la région depuis plusieurs années et que, selon lui, ce temps aurait dû permettre de “sauver le train dans la Nièvre”.. Le message est double : d’une part, dénoncer l’état du réseau ; d’autre part, questionner la cohérence des priorités publiques, surtout quand, selon les élus, l’effort serait concentré sur d’autres sujets au détriment des lignes locales.

Enfin, la journée s’est achevée sur un autre terrain de revendication : l’écomusée du flottage du bois de Clamecy.. Ce lieu de mémoire raconte une pratique ancestrale, le transport de bois depuis le Morvan jusqu’à Paris via la rivière Yonne et la Seine.. En faisant coexister industrie d’aujourd’hui et patrimoine de longue durée, les élus ont cherché une continuité : celle des activités qui ont fait vivre la vallée, mais aussi celle des compétences et des histoires locales qu’on peut préserver et transmettre.

Julien Guibert, député de la Nièvre et élu régional du groupe, a complété la séquence avec un volet institutionnel : son engagement à l’Assemblée nationale en vue d’inscrire cette pratique au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.. La démarche vise un effet de reconnaissance et de conservation, mais aussi une forme d’attractivité culturelle pour un territoire qui cherche souvent des leviers alternatifs : quand la mobilité se tend, le patrimoine, lui, peut devenir un argument de mise en valeur et de rayonnement.

Au total, le déplacement à Clamecy dessine une stratégie politique en trois chapitres : produire et soutenir l’économie locale, restaurer la qualité des mobilités et protéger les traces du passé.. Pour les habitants, l’enjeu n’est pas seulement de savoir “qui a raison” dans un débat régional : il s’agit de mesurer ce qui change, ce qui se dégrade ou ce qui peut être reconstruit, ligne après ligne, entreprise après entreprise, et mémoire après mémoire, dans la Nièvre.