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Import-substitution : des progrès, mais encore du travail

Après plus de deux ans, le Piisah avance sur des terrains, des périmètres et des intrants, tout en pointant les défis restants selon Misryoum.

La dynamique de l’import-substitution s’accélère, mais le chantier reste ouvert: c’est ce que met en lumière Misryoum à la veille de la poursuite de la troisième année du Piisah.

Plus de deux ans après le lancement du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah), alors que la troisième année est déjà entamée, le besoin de faire le point sur la réalité du terrain s’est imposé.. Un Conseil de cabinet présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, le 30 avril dernier, a servi de cadre pour recadrer les priorités et mesurer les défis à relever.

L’objectif central rappelé lors des travaux demeure clair: réduire le déficit de la balance commerciale en remplaçant, autant que possible, les produits importés par une production locale.. Dans cette logique, le Piisah vise à soutenir les initiatives du secteur privé via la mise à disposition d’espaces aménagés et sécurisés, tout en cherchant à accroître l’offre et la disponibilité de produits locaux de grande consommation.

Au-delà de l’agriculture et de l’élevage, le plan entend aussi créer et promouvoir un cadre favorable au développement des activités agropastorales. De fait, la question n’est pas uniquement de produire, mais de rendre la production plus accessible, plus régulière et mieux organisée.

Misryoum souligne que ces étapes de cadrage comptent, car elles permettent de relier les investissements aux besoins concrets observés sur le terrain, là où les écarts entre ambition et exécution se révèlent souvent.

Jeudi dernier, au-delà du Premier ministre Joseph Dion Ngute, plusieurs responsables de départements ministériels ont pris la parole pour illustrer l’avancement.. Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, ainsi que le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taiga, et le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, ont tous insisté sur des résultats enregistrés depuis 2024.

Parmi les éléments évoqués, Misryoum retient la sécurisation de 350 464 hectares de terrain dans le cadre du Projet Plaine centrale, ainsi que l’aménagement de plus de 9 018 hectares de périmètres hydroagricoles.. Des démarches d’appui aux filières ont également été mentionnées, avec l’acquisition de 70 tonnes de semences certifiées de riz, maïs, sorgho et soja.

Dans le même élan, des équipements agricoles ont été achetés pour les projets Viva-Bénoué et Viva-Logone. Ces mesures, présentées comme des leviers de mise en mouvement, doivent désormais s’inscrire dans la durée, au rythme des besoins de production et de la consolidation des capacités locales.

À ce stade, Misryoum rappelle que l’import-substitution ne se résume pas à des dispositifs administratifs: elle dépend de la continuité des moyens, de la maîtrise technique et de la capacité à sécuriser les conditions d’exploitation.

Les débats du Conseil de cabinet mettent ainsi en avant une trajectoire qui progresse, tout en laissant entendre que des efforts restent nécessaires pour consolider les acquis et répondre aux difficultés rencontrées.. Misryoum considère que ce type de revue à mi-parcours est déterminant pour éviter que les résultats restent dispersés, au lieu de se transformer en dynamique durable.