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Gaz au Sénégal : Sonko salue une victoire majeure après le retrait de Kosmos Energy

Le Premier ministre Ousmane Sonko annonce un accord de retrait entre Kosmos Energy et Petrosen pour Yakaar-Teranga. Une nouvelle licence doit revenir à Petrosen, à entériner par arrêté ministériel.

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a annoncé jeudi 23 avril 2026 la signature, la veille, d’un accord de retrait entre Kosmos Energy et la compagnie nationale Petrosen.

L’accord porte sur la licence associée au bloc gazier de Cayar Offshore Profond, connu sous le nom de Yakaar-Teranga. Concrètement, le retrait doit être entériné par arrêté ministériel, afin qu’une nouvelle licence soit octroyée exclusivement à Petrosen pour l’exploitation du gisement.

Dans un message publié sur X, Sonko a qualifié le 22 avril de « date historique » pour le Sénégal.. Il a salué une « victoire majeure » obtenue, selon lui, sans contrepartie financière pour l’État.. Pour le gouvernement, le symbole est clair : le bloc, présenté comme stratégique, revient dans le giron public.

Yakaar-Teranga est souvent décrit comme l’un des dossiers les plus prometteurs du bassin sédimentaire sénégalais.. Les réserves récupérables sont évoquées à plus de 20 trillions de pieds cubes (TCF), soit environ 560 milliards de mètres cubes.. Ce volume, s’il se traduit un jour en exploitation effective, pèserait sur la trajectoire énergétique du pays — et sur ses capacités de négociation, puisque le développement d’un gisement dépend aussi du cadre contractuel.

Jusqu’ici, l’histoire du bloc a été marquée par des changements d’actionnaires et des trajectoires industrielles difficiles à stabiliser.. Selon Sonko, l’attribution initiale à Frank Timis aurait eu lieu dans des conditions qu’il juge « opaques » sous la présidence de Macky Sall.. Plus tard, l’opérateur majoritaire BP, détenteur de 60 %, a renoncé à ses droits en 2023 au profit de Kosmos Energy.

Depuis lors, Kosmos détenait 90 % du bloc, contre 10 % pour Petrosen.. En mars 2026, la compagnie américaine avait indiqué dans son rapport financier annuel son intention de se retirer : elle n’aurait pas trouvé de partenaire stratégique, ni réussi à s’entendre avec Dakar sur un modèle de développement jugé viable sur le plan commercial.. La licence devait arriver à expiration en juillet 2026, ce qui rendait l’enjeu du calendrier particulièrement sensible.

Désormais, l’étape suivante est administrative : l’arrêté ministériel.. Sonko a cité le ministre de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, Birame Souleye Diop, comme l’un des artisans de l’accord.. L’acte réglementaire doit formaliser le transfert et conférer à Petrosen le statut d’unique titulaire de la licence d’exploitation de Yakaar-Teranga.. À ce stade, aucune date précise n’a été donnée, mais le signal politique est celui d’une bascule rapide vers un schéma plus exclusivement public.

Au-delà du dossier Yakaar-Teranga, Sonko a évoqué d’autres renégociations de contrats énergétiques.. Mi-mars 2026, il avait déjà annoncé la résiliation de six concessions pétrolières et gazières jugées non conformes aux intérêts nationaux, dont plusieurs blocs offshore.. Là encore, le message adressé aux acteurs du secteur est double : d’un côté, la volonté de reprendre la main sur des contrats considérés comme défavorables ; de l’autre, l’idée que l’État entend aligner l’exploitation des ressources sur des critères de souveraineté et de faisabilité.

Pour les citoyens, l’enjeu dépasse la seule technique pétrolière ou gazière.. Quand un bloc repasse sous contrôle national, la question qui se pose rapidement est celle des retombées : calendrier d’exploitation, capacité d’investissement, création d’emplois et trajectoire des revenus.. Dans un contexte où l’énergie conditionne aussi l’activité économique, un dossier gelé ou difficile à financer peut devenir un coût politique et financier.. À l’inverse, une reprise en main — si elle s’accompagne d’une stratégie industrielle réaliste — peut réduire l’incertitude et repositionner le Sénégal dans la compétition régionale.

Le retrait de Kosmos, présenté comme une décision motivée par des blocages de partenariat et de modèle commercial, ouvre donc une séquence nouvelle.. Reste à voir si Petrosen parviendra à transformer l’intérêt annoncé en développement concret, avec un cadre clair et des partenaires capables de porter le projet.. Pour le gouvernement, l’arrêté ministériel n’est pas qu’une formalité : il doit être le premier jalon d’une série de décisions qui dessinent l’avenir du secteur énergétique sénégalais.