Bassirou Diomaye Faye revendique son rôle de fondateur du Pastef et lance un avertissement

Le président Bassirou Diomaye Faye rappelle sa contribution à Pastef et alerte sur des dérives internes, appelant à un recentrage sur les principes fondateurs.
Le nom de Bassirou Diomaye Faye revient comme un fil conducteur dans le récit que le président fait de Pastef, entre héritage revendiqué et mise en garde.
Lors d’un entretien accordé à la presse, il a tenu à rappeler sa place dans la création et la structuration du parti.. D’après lui, il a participé à la naissance de l’organisation, à la rédaction de ses statuts, au choix de ses couleurs, et même à l’inspiration de sa devise « Le don de soi pour la patrie ».
Dans un contexte où le débat politique cherche souvent des explications dans les trajectoires individuelles, cette insistance sur les origines de Pastef vise à fixer les repères et à cadrer ce que le mouvement doit rester.
Le président est aussi revenu sur une séquence de réorganisation après le projet de fusion avec Taxaw Temm, en 2019.. Il affirme avoir joué un rôle central dans la rédaction des textes internes, en soutenant avoir été « le seul » à rédiger les statuts et le règlement intérieur.. Il décrit ensuite une contribution durable à la mise en place des structures du mouvement, tout en mentionnant une exception liée à son emprisonnement.
Au fil des explications, Bassirou Diomaye Faye relie son engagement à la capacité du parti à porter des programmes.. « Il n’existe pas un seul programme qui ait réussi dans Pastef sans passer par moi », a-t-il déclaré, décrivant un travail de fond réalisé, selon lui, « de ses mains » et dans une logique d’humilité.
Cette façon de présenter l’histoire du parti peut peser dans la dynamique actuelle: quand les fondations sont rappelées, les responsabilités, elles, sont aussi redistribuées, parfois au sein même des militants.
Interrogé sur Ousmane Sonko, le président s’est employé à écarter une lecture personnaliste du projet politique. Il affirme que Sonko n’aurait jamais adhéré à des récits de type messianique ou à l’idée d’un « guide » au sens d’une figure tutélaire.
Mais c’est surtout l’évolution récente de Pastef qui a retenu son attention. Il s’est dit préoccupé par la trajectoire suivie par le parti, estimant qu’elle « n’est pas bonne ». Il lance alors un avertissement: si les membres n’engagent pas des mesures, le parti risque d’être « détruit ».
À ce stade, l’enjeu dépasse l’histoire: le message sonne comme une alerte sur l’organisation, la discipline interne et la cohérence entre les discours et les pratiques.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye réaffirme la philosophie de départ du mouvement, en mettant en avant la nécessité de dépersonnaliser le projet politique d’un leader, même lorsqu’il a un mérite particulier.. Pour Misryoum, cette déclaration rappelle qu’au-delà des figures, ce sont les principes et l’orientation du parti qui doivent rester la boussole commune.