Décret : les neuf nominations ARCOP 2026 révélées

Le président Bassirou Diomaye Faye nomme neuf experts au Conseil de régulation de l'ARCOP, un organe clé pour la commande publique sénégalaise, pour un mandat de trois ans renouvelable.
Le décret du 22 avril 2026, signé par le président Bassirou Diomaye Faye, officialise les neuf nominations ARCOP pour le mandat 2026‑2029.
Ces nouvelles recrues proviennent tour à tour de l’administration publique, du secteur privé et de la société civile, respectant ainsi la parité prévue par la loi.. Parmi les administrés, on retrouve Allé Nar Diop, Inspecteur du Trésor, et Ndèye Rokhaya Sène, magistrat au ministère de la Justice.. Le secteur privé est représenté par Raqui Wane, juriste du Conseil national du Patronat, tandis que la société civile amène Maître Ibrahima Ndieguene, avocat à la Cour.. L’ensemble forme le Conseil de régulation, organe délibérant de l’ARCOP, chargé de définir les grandes orientations de l’institution, d’approuver le budget et de valider les procédures internes.
Le nouveau Conseil de régulation
Le Conseil de régulation, soutenu par le Comité de règlement des différends et la Direction générale, incarne le cœur décisionnel de l’ARCOP.. Sa mission s’étend au suivi de la transparence des marchés publics, à la lutte contre la corruption et à l’optimisation des dépenses de l’État.. En réunissant des compétences variées – économique, juridique, statistique – le conseil vise à instaurer une gouvernance plus robuste.. Cette diversité permet d’aborder chaque dossier sous plusieurs angles, limitant les risques de décision unilatérale et favorisant des solutions équilibrées.
Enjeux et perspectives
L’instauration d’une composition équilibrée n’est pas anodine : elle reflète la volonté du gouvernement de renforcer la légitimité de l’ARCOP auprès de tous les acteurs du système économique.. En incluant des représentants du secteur privé, le conseil bénéficie d’une vision concrète des contraintes rencontrées par les entreprises, ce qui peut accélérer la mise en œuvre de réformes.. De même, la présence d’experts de la société civile assure que les intérêts citoyens restent au centre des débats, notamment en matière d’accès équitable aux marchés.
Dans le contexte sénégalais, l’ARCOP a été créée en 2023 pour moderniser la commande publique, longtemps critiquée pour son manque de transparence.. Cette réforme s’inscrit dans une dynamique régionale où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest renforcent leurs cadres de régulation afin de répondre aux exigences des bailleurs de fonds internationaux.. Misryoum rappelle que l’expérience du Maroc, qui a récemment révisé sa propre autorité de régulation, montre que la stabilité des organes de gouvernance favorise la confiance des investisseurs.
Sur le terrain, les entreprises locales anticipent déjà des procédures plus claires et des délais de passation de marchés raccourcis.. Un dirigeant du secteur privé, présent lors de la cérémonie, a confié que la nouvelle équipe pourrait « débloquer des projets d’infrastructure cruciaux » en réduisant les lourdeurs administratives.. Les ONG, quant à elles, saluent la participation d’experts indépendants, qui, selon elles, renforcera la surveillance des dépenses publiques.
L’analyse de Misryoum souligne que la réussite de ces nominations dépendra de la capacité du conseil à résister aux pressions politiques.. Le texte du décret impose une obligation de discrétion et le respect du secret professionnel, des garde-fous essentiels pour préserver l’indépendance des décisions.. Cependant, le suivi effectif de ces engagements restera à vérifier, notamment lors des audits futurs.
En regardant vers l’avenir, plusieurs observateurs s’interrogent sur l’éventuelle évolution du mandat.. Le texte prévoit une possibilité de renouvellement une fois, ce qui pourrait instaurer une continuité appréciée ou, au contraire, engendrer une inertie.. Les prochains rapports annuels de l’ARCOP, qui devront être publiés par Misryoum, offriront un premier aperçu de l’impact réel de ces nominations sur la qualité des marchés publics.
En somme, le président Bassirou Diomaye Faye a misé sur une gouvernance partagée pour revitaliser la commande publique.. Les neuf membres du Conseil de régulation, issus de milieux complémentaires, disposent d’un mandat ambitieux : moderniser les procédures, garantir la transparence et soutenir le développement économique du Sénégal.. Leur succès pourra devenir un modèle pour les institutions similaires dans la sous‑région.