Prime vie chère et point d’indice: l’exécutif veut « octroyer plus à ceux qui en ont le plus besoin »

L’exécutif avance une prime vie chère tout en maintenant une revalorisation limitée du point d’indice, au cœur des critiques syndicales.
Prudence budgétaire, risque de « contagion » vers le privé, et donc d’inflation, et caractère « inégalitaire » du point d’indice, qui favorise les catégories de fonctionnaires les mieux loties… C’est ainsi que Moetai Brotherson a justifié, ce lundi sur Radio 1 sa position sur la revalorisation de seulement 5 francs du point d’indice de la fonction publique territoriale.. Le président veut en revanche avancer sur la « prime vie chère », qui étendrait au
public l’idée développée par la prime de pouvoir d’achat exonérée de 2022.. Avec en plus l’idée de « moduler cette prime de manière à éviter l’effet inéquitable d’une augmentation du point d’indice ».. « Décevant », « incompréhensible », « humiliant », même… Les réactions syndicales aux décisions du gouvernement sur le point d’indice des fonctionnaires ne sont pas encore nombreuses, en attendant la réunion de certaines instances ou les prises de parole de dirigeants
(voir ci-dessous), mais sans surprise, elles témoignent d’une insatisfaction générale.. Et pour cause, là où les représentants des fonctionnaires avaient demandé entre 2 et 30% d’augmentation, l’exécutif ne leur en a proposé que 0,46%, soit 5 francs de revalorisation du point d’indice, à 1085 francs, assortie d’une « prime vie chère » applicable au public et au privé, et dont les contours sont à définir.. « Ça aurait un effet inflationniste » Ces propositions, «
pas au niveau des attentes » pour les représentants des fonctionnaires, Moetai Brotherson les assume pleinement sur le plateau de l’Invité de la rédaction.. Il remet notamment en avant, comme il l’avait dans son courrier ce samedi, la situation internationale « potentiellement critique », qui appelle à la prudence.. « D’autre part, on a rappelé les fondamentaux de l’augmentation du point d’indice qui, par nature, est une mesure inégalitaire puisque ce ne sont pas les
catégories D qui en bénéficient le plus, mais le haut de l’échelle, ajoute le président du Pays, chiffrant à « 200 à 300 millions » le coût budgétaire des 5 francs d’augmentation.. La réorganisation des grilles qui se profile, avec également le projet Peperu qui va venir tout réorganiser, il va falloir la financer.. On s’en souvient : l’an dernier, nous avions reclassé, par exemple, les infirmiers et les infirmières en fonction de leur niveau
de diplôme.. Ça avait coûté beaucoup d’argent et il y a un certain nombre d’autres reclassements qui sont prévus comme ça dans la réforme qui va venir.. Donc, il faut être prudent ».. Audio Player Si certains syndicats ont mis en avant l’effet de relance de la consommation qu’aurait pu avoir une revalorisation plus forte, Moetai Brotherson, lui, a surtout retenu le risque « d‘effet contagion ».. « Il ne faut pas oublier que là,
on parle des 6700 fonctionnaires de la fonction publique.. Ce n’est pas la grande majorité des salariés dans notre pays.. La grande majorité des salariés dans notre pays se trouve dans le secteur privé.. Et donc, dès qu’on bouge les curseurs pour la fonction publique, le secteur privé observe ça de très près.. Et ça pourrait se traduire dans les négociations par des demandes à minima équivalentes en termes d’augmentation du Smig.. Ça aurait un
effet inflationniste ».. Une question qui a bien sûr été abordée lors des discussions du 1er mai, à l’occasion desquelles le gouvernement a indiqué ne pas vouloir presser le pas de la revalorisation du Salaire minimum : « En fonction de la situation à l’international, ce sera peut-être quelque chose qu’on devra faire dans les mois ou les années qui viennent », précise le président.. « Moi, je ne crains que Dieu et le courroux
de mon épouse.. À part ça, il n’y a pas grand-chose qui me fasse peur », assure le président, qui se dit prêt à discuter, entre « gens de bonne volonté et de bonne foi ».. Mais l’augmentation de 5 francs, elle, « ne bougera pas, elle est actée ».