Cocotomey : une veuve accuse une associée d’une fraude commerciale de 6,4 M CFA

À Cocotomey, une veuve porte plainte contre une membre de son association, l’accusant d’avoir escroqué plus de 6 millions de francs CFA via des projets fictifs. Le tribunal d’Abomey‑Calavi a renvoyé l’affaire au 20 mai 2026.
Une veuve de Cocotomey, arrondissement de Godomey, a déposé une plainte contre une autre membre de son association, l’accusant d’une série d’opérations commerciales fictives qui l’aient dépouillée de plusieurs millions de francs CFA.
Lors de l’audience du 22 avril 2026, la plaignante a détaillé les différentes escroqueries.. Elle a d’abord confié un stock de pagnes, dont des marques réputées, en échange d’une promesse de revente grâce à des contacts ministériels.. Aucun paiement n’est jamais arrivé.. Elle a ensuite investi 195 000 CFA dans un projet d’achat‑revente de maïs, puis 555 000 CFA pour l’achat de 40 bidons d’huile rouge, et enfin des fonds pour commercialiser du sodabi, l’alcool local.. À chaque fois, les projets se sont soldés par un néant.
Les associations informelles comme celle‑ci jouent un rôle crucial dans l’économie de Cocotomey, offrant un réseau de solidarité et de commerce de proximité.. Toutefois, l’absence de cadre légal strict facilite les détournements de confiance, surtout lorsqu’il s’agit de transactions basées sur des promesses verbales et des relations de proximité.
Pour la victime, la perte représente bien plus qu’un simple chiffre.. Privée de ressources essentielles, la veuve évoque des difficultés à subvenir aux besoins de sa famille et à maintenir son petit commerce.. Dans le quartier, les voisins observent son quotidien marqué par l’inquiétude, rappelant la fragilité des commerçants qui dépendent de relations de confiance.
Ces faits soulèvent la question des mécanismes de protection des petites entreprises au Bénin.. L’absence de suivi administratif et la dépendance à des accords oraux créent un terrain propice aux arnaques.. Renforcer la sensibilisation aux risques et instaurer des procédures de vérification pourraient réduire le nombre de cas similaires.
Le tribunal d’Abomey‑Calavi a relevé un écart important entre les montants avancés par la plaignante (6 466 000 CFA) et ceux reconnus par la prévenue (300 000 CFA pour les travaux spirituels, 520 000 CFA pour l’huile, 155 000 CFA pour le maïs et 250 000 CFA pour le sodabi).. Des enregistrements vocaux présentés comme pièces à conviction confirment les échanges entre les deux parties, mais la différence chiffrée laisse le juge prudente.
Le déroulement du procès
Après plusieurs mois d’absence, la prévenue s’est présentée au domicile de la plaignante, demandant 20 000 CFA.. Cette démarche a conduit la victime à alerter les forces de l’ordre.. La suspecte a été interpellée, placée en garde à vue puis présentée au procureur, avant d’être déposée en détention provisoire.. Le président du tribunal a donc renvoyé le dossier au 20 mai 2026 pour poursuivre l’examen, laissant entrevoir une possible condamnation.
Implications pour le commerce local
Ce cas met en lumière la vulnérabilité des commerçants béninois face à des escroqueries internes.. S’il n’y a pas de réforme immédiate, la prise de conscience accrue des risques pourrait encourager les acteurs économiques à formaliser davantage leurs transactions, à recourir à des contrats écrits et à solliciter l’appui d’institutions financières pour sécuriser leurs investissements.. Misryoum suivra l’évolution de ce dossier, qui pourrait devenir un point de repère pour la lutte contre la fraude commerciale au Bénin.