Cameroon News

Cameroun : 700 000 téléphones connectés sans dédouanement, régularisation urgente

Au Cameroun, le fisc alerte après la connexion de 700 000 téléphones sans dédouanement. Motaze demande une régularisation rapide pour éviter un blocage après le 30 avril 2026.

Au Cameroun, le ministère des Finances tire la sonnette d’alarme après la connexion de près de 700 000 téléphones “nouveaux” au réseau local alors que leur importation n’aurait pas été dédouanée.

Dans un communiqué daté du 27 avril 2026, Louis Paul Motaze rappelle que la base de données liée au mécanisme électronique de collecte des droits de douane, instauré dans le cadre de la loi de finances, indique que ces appareils se sont connectés pour la première fois entre le 1er avril et le 25 avril.. Problème : l’importation de ces terminaux est, en principe, soumise au paiement préalable des droits et taxes avant toute mise en vente et activation.

Le gouvernement justifie la mise en place d’un dispositif digital par la modernisation des procédures et la réduction des pertes de recettes.. L’objectif est aussi de renforcer la lutte contre les fraudes, notamment lorsque des importateurs ou des utilisateurs contournent les mécanismes prévus.. Concrètement, le système a été conçu pour détecter les téléphones dont la situation n’est pas régularisée, et pour bloquer les appareils en cas d’anomalie.

Le ministre précise toutefois un point crucial pour la période actuelle : pendant la phase de transition, les outils n’auraient pas procédé au blocage immédiat des téléphones concernés.. Autrement dit, l’alerte vise d’abord à permettre une régularisation avant que des mesures plus strictes ne s’appliquent.. Le message adressé aux importateurs et aux utilisateurs est clair : régulariser leur situation rapidement, sans amende, avant le 30 avril 2026.

Un mécanisme numérique pour limiter les pertes fiscales

La mesure s’inscrit dans une logique de “traçabilité” des importations et de contrôle de la conformité. En encadrant la connexion et l’activation des appareils, l’administration veut faire en sorte que le paiement des droits et taxes ne soit plus un processus trop facilement contournable.

Ce type de dispositif change aussi la manière dont le risque est géré.. Là où certains contrôles pouvaient être plus ponctuels, la détection devient plus continue et plus automatisée : les téléphones identifiés comme non dédouanés peuvent être repérés, puis traités selon la réglementation.. Pour les Finances publiques, l’enjeu n’est pas seulement comptable.. Il s’agit aussi de rétablir une concurrence plus saine entre importateurs qui déclarent correctement et ceux qui choisissent de passer par des voies moins conformes.

Des impacts très concrets pour les utilisateurs

Au-delà des procédures, la réalité touche directement le quotidien. Un téléphone activé permet d’appeler, d’envoyer des messages, d’accéder aux services numériques et de rester joignable. Or, dans ce dossier, la différence entre “utiliser” et “utiliser légalement” devient décisive.

Même si le blocage n’a pas eu lieu pendant la transition, la menace annoncée crée une pression immédiate.. Pour les personnes qui ont acheté un appareil récemment, le risque est de se retrouver, après la date butoir, avec un téléphone qui perdra ses fonctionnalités réseau.. Dans un contexte où la téléphonie mobile fait partie des usages essentiels, cette perspective peut rapidement transformer une question technique en problème pratique.

Pourquoi la date du 30 avril pèse autant

Le calendrier mentionné par Misryoum, via la communication du ministre, fonctionne comme une forme de “dernière chance” administrative.. Passé le 30 avril 2026, les téléphones identifiés comme provenant de la contrebande pourraient être bloqués sans autre préavis.. Cette précision change la donne : elle réduit la marge d’attente et incite à agir avant que la régularisation ne soit plus possible dans les mêmes conditions.

Le mécanisme vise aussi une cible précise : les appareils dont la situation n’est pas régularisée, c’est-à-dire qui n’ont pas franchi les étapes de paiement et de déclaration attendues.. Le gouvernement évoque la volonté de réduire les pertes de recettes et d’empêcher l’usage de terminaux importés illégalement.. Pour les acteurs du secteur, cela signifie que le coût du contournement pourrait devenir plus élevé, non seulement en termes de conformité, mais aussi en termes de risque de blocage pour les utilisateurs.

Vers une application plus stricte du contrôle

Jusqu’ici, la phase de transition a maintenu les appareils en service sans verrouillage automatique.. Mais l’orientation reste nette : le dispositif a été activé pour détecter, et il est prévu pour bloquer en cas de non-régularisation.. Les prochains jours devraient donc faire l’objet d’une forte mobilisation, aussi bien côté importateurs que côté consommateurs.

À court terme, la question centrale est simple : régulariser à temps.. À moyen terme, le signal envoyé par Misryoum à travers ce dossier est celui d’une surveillance plus structurée des importations numériques.. En d’autres termes, la connexion au réseau ne sera plus seulement une étape “technique”, mais aussi une étape encadrée par le respect des formalités douanières.