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[PHOTOS] Moyens de pression illégaux: le tribunal rabroue des syndiqués d’Hydro-Québec

Le TAT a qualifié d’illégaux plusieurs moyens de pression employés par le SCFP 1500. L’ordonnance exige l’arrêt immédiat des actions et le retour au travail.

Une série d’actions syndicales spectaculaires, rapportées dans plusieurs régions du Québec, a forcé le Tribunal administratif du travail à intervenir.

Des gestes qualifiés d’illégaux

Dans une décision rendue mardi. le TAT a conclu que des moyens de pression utilisés par des employés syndiqués d’Hydro-Québec constituaient des moyens illégaux.. Le tribunal a ordonné au Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec. section locale 1500. de prendre « tous les moyens nécessaires » pour que ses membres cessent leurs actions concertées.. L’enjeu est donc clair: il ne s’agit pas seulement de tension dans des négociations. mais d’actes jugés incompatibles avec les règles encadrant le rapport de travail.

Motoneige en l’air, sorties bloquées et opérations perturbées

Les événements remontent à mercredi et jeudi de la semaine dernière. dans un contexte où les négociations pour renouveler une convention collective échue depuis 2023 s’enlisent.. Même sans déclenchement de grève, les actions sur le terrain se sont multipliées.. À Rivière-du-Loup, une motoneige aurait été suspendue à l’extérieur d’un bâtiment.. À Valleyfield, un conteneur aurait bloqué une sortie, compliquant les opérations.

Dans d’autres installations. l’entreprise déplore des barricades d’accès et des corridors obstrués par divers équipements ou objets.. L’aspect sécurité revient à plusieurs reprises dans les griefs: le tribunal et l’employeur s’inquiètent notamment du fait que certaines sorties de secours auraient été obstruées. ce qui mettrait en cause la capacité d’évacuation en cas d’incident.

# Un rapport de force qui dépasse le cadre

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est l’échelle et la nature des interventions décrites.. En plus des gestes visibles. des actions plus “techniques” seraient aussi apparues: refus concerté de faire des heures supplémentaires. sit-in dans des cafétérias. boycottage de réunions. retards dans des opérations et même des cas où des tablettes essentielles au travail auraient “disparu”.. À Montréal. une intervention planifiée aurait été retardée de plus d’une heure. un délai considéré anormal.

Pour les usagers et pour l’entreprise. le problème n’est pas uniquement l’image d’un conflit. mais la traduction concrète dans les chaînes opérationnelles.. Quand des accès sont bloqués ou quand les équipes ne travaillent pas selon leur rythme habituel. l’effet domino se ressent: tâches décalées. urgences moins rapides. coordination fragilisée.. Dans un secteur où la continuité d’exploitation est centrale. ce type de perturbation peut se répercuter bien au-delà du site concerné.

Pourquoi le TAT a tranché si fermement

Le tribunal n’a pas adopté une lecture minimaliste des faits.. Il déclare illégaux plusieurs moyens de pression. notamment l’utilisation d’équipements à des fins détournées. le refus de travailler normalement. les sit-in et l’obstruction des accès dans les installations.. Dans la foulée. l’ordonnance impose au syndicat de prendre les moyens nécessaires pour faire cesser ces actions. et exige que les employés reprennent immédiatement leurs tâches.

Cette fermeté s’explique aussi par la nature de l’employeur.. Hydro-Québec gère un service essentiel: l’entreprise soutient qu’elle alimente 4. 6 millions de clients. incluant des hôpitaux et des services d’urgence.. Dans un tel contexte, la marge de manœuvre autour des formes de pression se resserre.. Ce n’est pas un détail administratif: la loi encadre strictement ce qui peut être exigé ou interrompu lorsqu’il existe un risque direct pour la continuité du service.

# La négociation face à l’escalade

À l’arrière-plan, la négociation collective en cours crée un climat propice à l’escalade.. Hydro-Québec rappelle avoir signé des ententes avec cinq de ses huit syndicats et poursuit encore le dialogue avec le Syndicat des employés de métiers. celui des technologues ainsi que les Infirmières Chantiers.. Or. le calendrier de renouvellement. l’accumulation des frustrations et la difficulté à trouver un terrain d’entente peuvent pousser certaines parties vers des stratégies de visibilité.

Mais la visibilité a un prix.. Quand les gestes dépassent la “symbolique” et touchent les conditions de travail. les accès et potentiellement la sécurité. le conflit se déplace vers une autre arène: celle de la légalité et des injonctions.. Et une injonction, une fois prononcée, transforme le rapport de force.. Le syndicat doit alors agir rapidement pour se conformer, sinon le risque de sanctions et de nouvelles procédures augmente.

Qu’est-ce que ça change pour la suite?

D’un côté, Hydro-Québec dit vouloir protéger ses installations, ses gestionnaires, ses employés et assurer un service de qualité à sa clientèle. De l’autre, le syndicat n’a pas répondu à une demande de réaction, selon les éléments rapportés.

Pour les prochaines semaines. la question centrale sera simple: est-ce que l’ordonnance mettra fin aux actions concertées et ramènera les équipes à un fonctionnement normal. le temps que la négociation se stabilise?. Dans les conflits de travail autour de services essentiels. une décision du TAT peut agir comme un “frein”: elle réduit l’espace pour des moyens de pression jugés illégaux et oblige à revenir à des leviers plus compatibles avec le cadre légal.. Pour Misryoum. l’importance de cette histoire dépasse le droit du travail: elle touche à la confiance dans la continuité des services. et à la limite entre pression syndicale et risques concrets pour la sécurité.